Le gouvernement béninois a fermement rejeté, vendredi 4 septembre, les accusations des autorités nigériennes l'impliquant dans la tentative de déstabilisation survenue fin août à Niamey. Dans un communiqué relayé par la presse, le porte-parole Wilfried Houngbedji a appelé à une normalisation rapide des relations entre Porto-Novo et son voisin.
Un démenti catégorique de Porto-Novo
Réagissant aux déclarations d'un capitaine identifié sous le nom de Roger Gabriel à la télévision d'État Télé Sahel, le porte-parole du gouvernement béninois a qualifié ces allégations d'« invraisemblables ». « Personne ne peut croire à ces allégations », a affirmé Wilfried Houngbedji devant la presse, assurant que le Bénin n'avait « aucun intérêt à déstabiliser » le Niger. Le responsable a souligné que les liens humains et historiques entre les populations des deux pays imposent une coexistence pacifique, les communautés étant « les mêmes » de part et d'autre de la frontière.
Des accusations nigériennes visant plusieurs pays
Lors d'un reportage diffusé sur Télé Sahel cette semaine, les autorités nigériennes ont accusé plusieurs États – le Bénin, la Côte d'Ivoire, la France et le Tchad – d'avoir soutenu la tentative de déstabilisation du Niger à la fin du mois d'août. Une mutinerie avait éclaté les 28 et 29 août dans la capitale, Niamey. Le Bénin rejette l'ensemble de ces accusations et rappelle sa position de principe contre toute forme d'instabilité au Niger, « hier, aujourd'hui et demain », selon les mots de son porte-parole.
Un climat régional sous tension
Cette passe d'armes illustre les tensions persistantes entre le Niger et plusieurs pays de la sous-région depuis les bouleversements politiques qu'a connus Niamey. Les autorités de transition nigériennes entretiennent des relations dégradées avec une partie de leurs voisins et avec la France, qu'elles soupçonnent d'ingérence. En rejetant les accusations tout en tendant la main à Niamey, le Bénin tente de désamorcer la crise diplomatique, sans toutefois préciser les suites concrètes qu'il entend donner à ce dossier. La manière dont Niamey accueillera cette main tendue reste un point à suivre pour la stabilité de la région.