Le Bénin, qui assure la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine pour le mois de septembre 2026, accueille à Cotonou un séminaire ministériel de haut niveau. Cette rencontre marque une étape décisive dans l'évaluation des engagements pris pour intégrer davantage les femmes dans les mécanismes de résolution des conflits sur le continent.
Bilan du processus de Swakopmund
Lancé en mars 2024 en Namibie, le processus de Swakopmund visait à transformer la gouvernance sécuritaire africaine en imposant des mesures concrètes, notamment une politique de parité dans les médiations soutenues par l'Union africaine. L'objectif initial fixait un seuil minimal de 30 % de femmes parmi les médiateurs officiels. Deux ans après, le constat dressé par les autorités béninoises souligne une représentation encore insuffisante au sein des institutions, rendant nécessaire une réévaluation des stratégies déployées par les États membres et la Commission de l'UA.
Priorités stratégiques : participation et protection
Les travaux de Cotonou s'articulent autour de trois piliers fondamentaux : la participation, la prévention et la protection. La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a insisté sur l'importance de la Convention de l'Union africaine relative à l'élimination des violences faites aux femmes. Parallèlement, le gouvernement béninois a mis en avant ses initiatives nationales, telles que la gratuité de l'enseignement secondaire technique et général pour les filles, comme levier structurel pour favoriser, à terme, une meilleure représentativité féminine dans les sphères décisionnelles.
L'enjeu de la durabilité des accords de paix
La rencontre réunit des figures influentes, dont l'envoyée spéciale de l'UA pour les femmes, la paix et la sécurité, Liberata Mulamula, ainsi que des représentantes d'ONU Femmes et des personnalités politiques comme l'ancienne vice-présidente ougandaise, Speciosa Naigaga Wandira Kazibwe. Au-delà de l'aspect symbolique, l'enjeu est pragmatique : selon les données de l'Institut d'études de sécurité, la participation des femmes aux négociations augmenterait de 35 % la probabilité de pérennité d'un accord de paix sur une période de quinze ans. Ce séminaire constitue donc une phase charnière pour définir les prochaines étapes opérationnelles du processus de Swakopmund.