Le gouvernement béninois franchit une étape décisive dans le déploiement du Projet de Promotion de l’Aquaculture et de Compétitivité des Chaînes de valeur de la Pêche (PROMAC). Cinq localités ont été identifiées pour accueillir des villages aquacoles de 50 hectares chacun, marquant une volonté de structurer une filière stratégique longtemps restée en marge des investissements majeurs.
Un maillage territorial pour la production piscicole
Les sites retenus pour ce projet d'envergure sont situés à Allada, Dogbo, Bonou, Agbangnizoun et Zagnanado. Le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour recruter un cabinet spécialisé. Ce prestataire aura la charge de réaliser des études techniques approfondies, allant de l'avant-projet sommaire aux dossiers d'appel d'offres. Au-delà des infrastructures, l'étude devra intégrer des analyses hydrologiques, climatiques et socio-économiques pour garantir la viabilité à long terme de chaque site.
Exigences environnementales et sociales
Le cahier des charges impose une rigueur particulière sur les enjeux de durabilité. Pour les sites d'Agbangnizoun et de Zagnanado, le cabinet devra impérativement produire des études d’impact environnemental et social (EIES) ainsi que des plans d’action de réinstallation (PAR). Ces documents visent à anticiper les risques potentiels et à organiser des consultations publiques, garantissant ainsi que l'implantation des villages aquacoles respecte les normes environnementales et les droits des populations locales.
Un financement structuré pour une filière stratégique
Le PROMAC, lancé en 2024 pour une période s'étendant jusqu'en 2028, bénéficie d'un budget global de 23,636 milliards de francs CFA. Ce financement est le fruit d'une collaboration entre l'État béninois, le Fonds Africain de Développement (FAD) — branche de la Banque africaine de développement — et le Fonds pour l’environnement mondial. Cet investissement répond à une demande persistante des acteurs de la filière, qui considèrent la pisciculture comme un levier de croissance économique nationale sous-exploité.
Processus de sélection des prestataires
Les cabinets intéressés par cette mission ont jusqu'au 6 octobre 2026 pour soumettre leurs dossiers à Cotonou. La sélection s'effectuera sur la base des qualifications des consultants, avec une attention particulière portée à leur expérience préalable dans la gestion de projets financés par la BAD. Le prestataire retenu devra également proposer des modèles de gestion et des programmes de formation destinés à assurer l'entretien pérenne des futures installations aquacoles.