Face à la persistance du mariage des enfants, le gouvernement béninois intensifie sa stratégie de prévention et de protection. Le bilan récent de la Ligne d’assistance aux enfants, révélant 336 cas signalés sur une période de dix-huit mois, souligne l'urgence d'une mobilisation accrue des acteurs publics et des partenaires financiers.
Un indicateur de vulnérabilité sociale
Entre janvier 2025 et juin 2026, la Ligne d’assistance aux enfants a recensé 336 cas de mariages précoces. Présenté par la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé, ce chiffre ne représente qu'une partie de la réalité nationale, agissant davantage comme un signal d'alerte sur l'ampleur du phénomène. Cette donnée met en lumière la nécessité de renforcer les mécanismes de dénonciation et de prévention pour mieux protéger les jeunes filles contre ces pratiques qui compromettent leur avenir et leur santé.
Le déploiement du Programme national de lutte
La réponse institutionnelle s'articule désormais autour du Programme national de lutte contre le mariage des enfants, adopté en Conseil des ministres le 3 septembre 2025. Ce cadre stratégique vise à structurer les interventions de l'État sur le long terme. L'enjeu est de passer d'une gestion ponctuelle des cas à une politique publique cohérente, capable d'agir sur les causes structurelles de ces mariages, tout en assurant un accompagnement efficace des victimes potentielles.
La sécurisation des ressources financières
La pérennisation de cette lutte repose sur une stratégie de financement robuste, portée par le ministère de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette. Hugues Oscar Lokossou a annoncé trois axes prioritaires : la sécurisation des ressources budgétaires nationales, la stabilisation des contributions des partenaires techniques et financiers, et l'intégration d'instruments financiers à impact social. Cette approche vise à garantir que les programmes de protection ne soient pas limités par des contraintes budgétaires conjoncturelles, assurant ainsi une continuité indispensable à l'efficacité des actions de terrain.