Le Bénin et le Gabon entament une nouvelle phase de leur coopération bilatérale en ciblant quatre secteurs stratégiques pour stimuler leurs économies respectives. Cette volonté de relance, actée à Cotonou, vise à transformer une proximité historique et diplomatique en partenariats économiques concrets, notamment dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage, de l'énergie verte et du tourisme.
Un dialogue diplomatique en marge du Processus de Swakopmund
La rencontre entre la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, et son homologue gabonaise, S.E. Tassylame, s'est tenue en marge du séminaire ministériel sur l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité ». Alors que le Bénin assure la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, cette séquence diplomatique a permis aux deux cheffes de la diplomatie d'ouvrir un chantier bilatéral distinct, visant à redynamiser des relations économiques jugées jusqu'ici sous-exploitées.
Des complémentarités à exploiter pour la sécurité alimentaire
Le potentiel de collaboration repose sur des réalités économiques contrastées mais complémentaires. Le Bénin, fort d'une production cotonnière de 637 000 tonnes lors de la dernière campagne, dispose d'un savoir-faire agricole significatif. De son côté, le Gabon fait face à une dépendance alimentaire importante, important entre 60 et 70 % de ses besoins, pour une facture annuelle excédant 300 milliards de FCFA. L'intensification des échanges dans l'agriculture et l'élevage apparaît comme un levier pour répondre à ces enjeux de souveraineté alimentaire.
Vers une modernisation du cadre de coopération
Bien que les deux nations soient liées par un accord de coopération économique et commerciale signé en 1986, les échanges peinent à refléter la profondeur des liens humains et la présence historique d'une diaspora béninoise au Gabon. Si cette rencontre marque une volonté politique claire de passer à une phase opérationnelle, aucun calendrier précis de mise en œuvre n'a été dévoilé à ce stade. La réussite de cette relance dépendra désormais de la capacité des deux États à traduire ces intentions en projets d'investissement tangibles dans les secteurs ciblés.