Le Bénin affiche une tendance à contre-courant de la dynamique sécuritaire régionale avec une diminution drastique des pertes humaines liées aux groupes armés. Selon les données du Centre d'études stratégiques de l'Afrique (CESA), le nombre de victimes est passé de 277 à 81 en l'espace d'un an, marquant une baisse de 78 %.
Une stratégie de défense et de développement
Ce recul des violences est le résultat d'une montée en puissance de l'appareil sécuritaire national. Depuis 2021, l'armée béninoise a vu ses effectifs croître significativement, soutenue par un budget de la défense ayant atteint 90 milliards de FCFA en 2024. Dans le cadre de l'opération Mirador, le pays a modernisé ses capacités opérationnelles grâce à l'acquisition de drones, de véhicules blindés et d'avions de reconnaissance auprès de partenaires internationaux, notamment les États-Unis, la Chine et l'Union européenne. Parallèlement, les autorités ont déployé des initiatives socio-économiques visant à réduire les vulnérabilités locales, freinant ainsi la capacité des groupes armés à instrumentaliser les tensions communautaires.
Un contraste marqué avec le contexte continental
Alors que le Bénin parvient à stabiliser ses zones à risque, le bilan global sur le continent demeure préoccupant. Le rapport du CESA indique que la violence extrémiste a progressé de 77 % par rapport à 2021, avec près de 23 872 décès recensés à l'échelle africaine. La persistance de foyers de tension intenses au Sahel, en Somalie et dans le bassin du lac Tchad place le Bénin dans une position d'exception régionale, confirmant l'efficacité relative des mesures de stabilisation déployées par Cotonou.
La vigilance face aux risques d'expansion
Malgré ces résultats encourageants, les experts appellent à la prudence. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) maintient une pression constante sur les frontières septentrionales, cherchant activement à étendre son influence vers le sud. Les zones limitrophes avec le Burkina Faso et le Niger restent des points d'entrée critiques. Cette menace persistante concerne également les pays voisins, tels que la Côte d'Ivoire et le Ghana, soulignant que l'accalmie observée au Bénin pourrait être remise en cause si la pression sécuritaire et les efforts de prévention ne sont pas maintenus sur le long terme.