Le gouvernement béninois durcit le ton face à la persistance de la mendicité des enfants dans les départements du nord du pays. Réunis à Parakou le 13 octobre 2026, les ministères de la Famille, de l'Intérieur et de la Décentralisation ont appelé à une mobilisation collective pour enrayer ce phénomène, marquant un tournant vers une approche répressive contre l'exploitation des mineurs.
Un bilan alarmant dans le septentrion
Les données officielles révèlent l'ampleur du défi : entre janvier 2019 et juin 2026, 4 453 enfants en situation de rue ou de mendicité ont été recensés dans les départements du Borgou, de l'Alibori, de l'Atacora et de la Donga. La directrice générale des Affaires sociales, Nadège Ahoga, a souligné une concentration préoccupante du phénomène dans les localités de Kandi, Malanville et N'Dali. Cette situation, nourrie par des facteurs socio-économiques et culturels, prive ces mineurs de leur droit à l'éducation et les expose à des risques graves.
Vers une tolérance zéro et des poursuites judiciaires
Le discours des autorités a radicalement évolué, passant de la simple sensibilisation à une exigence de fermeté. Le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a qualifié chaque enfant dans la rue d'échec collectif, affirmant que le temps de la répression est venu. Cette position est partagée par le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, qui assimile désormais ces pratiques à de la traite d'enfants et exhorte les citoyens à dénoncer les réseaux impliqués, y compris certains maîtres coraniques détournant leur mission éducative.
Le Pacte de Parakou comme levier de gouvernance
Pour structurer cette lutte, le gouvernement propose la création d'un « Pacte de Parakou ». Ce cadre de concertation vise à fédérer les autorités administratives, les leaders religieux et les chefs traditionnels autour d'un engagement commun. Les dignitaires religieux ont d'ailleurs condamné unanimement la mendicité, rappelant qu'elle ne trouve aucun fondement dans l'islam. De son côté, le ministre de la Décentralisation, Janvier Yahouédéou, a rappelé la responsabilité des communes dans la protection des personnes vulnérables et a instauré un point d'étape semestriel pour évaluer l'efficacité des mesures prises sur le terrain.