Pour contrer les effets persistants du dérèglement climatique sur son agriculture, le gouvernement béninois a annoncé l'installation d'un million de citernes dans les zones cotonnières. Cette initiative, portée par le ministère de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, vise à sécuriser les rendements d'une filière pilier qui contribue à plus de 15 % du PIB national et soutient les moyens de subsistance de deux millions de citoyens.
Une réponse structurelle aux déficits pluviométriques
Le déploiement de ces infrastructures de stockage d'eau intervient dans un contexte de fragilité marquée pour la production cotonnière béninoise. Après deux campagnes consécutives en repli — avec des baisses respectives de 26 % et 16,3 % — le secteur subit de plein fouet l'irrégularité des précipitations. Lors d'une tournée effectuée en septembre 2026 dans sept bassins de production majeurs, dont Banikoara, Djougou et Savalou, le ministre Adin Yéton Bloukounon Goubalan a souligné l'urgence de doter les exploitants de réserves d'eau autonomes pour pallier les poches de sécheresse.
Le défi de la relance vers les 700 000 tonnes
Au-delà de la gestion hydrique, l'exécutif affiche une ambition claire : retrouver le seuil de 700 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2026-2027. Pour stimuler cette reprise, le gouvernement a instauré un mécanisme incitatif prévoyant une prime de 10 francs CFA par kilogramme produit, représentant une enveloppe globale de 7 milliards de francs CFA destinée aux acteurs de la filière. Cette stratégie vise à redynamiser le secteur, alors que le Bénin cherche à consolider sa position de premier producteur de la zone CFA.
Les zones d'ombre du programme
Si l'annonce du million de citernes marque une volonté politique forte d'adaptation aux changements climatiques, plusieurs points restent à clarifier. À ce jour, le ministère n'a pas encore communiqué sur le calendrier opérationnel de déploiement, les modalités de financement du projet, ni les critères techniques d'éligibilité pour les exploitations bénéficiaires. La réussite de ce programme dépendra de la capacité des autorités à transformer cette annonce en un outil logistique efficace, capable de répondre aux difficultés structurelles remontées par les producteurs, telles que la qualité des semences et l'encadrement agricole.