Le gouvernement béninois franchit une étape décisive dans sa stratégie de diversification économique en dotant le nouveau Fonds de Développement industriel de 100 milliards de FCFA. Ce dispositif vise à renforcer la compétitivité des entreprises locales et à structurer durablement les filières agro-industrielles du pays.
Une stratégie articulée autour de trois leviers financiers
Pour répondre aux besoins variés du tissu entrepreneurial, le fonds s'articule autour de trois guichets spécialisés. Le premier, baptisé Bénin Industrial Invest (BII), se concentre sur l'apport en fonds propres et quasi-fonds propres pour accompagner le développement à long terme des sociétés. La Facilité de Garantie Industrielle (FGI) intervient, quant à elle, pour mitiger les risques bancaires et faciliter l'accès au crédit et aux équipements. Enfin, le programme « Usines Prêtes à l’Emploi » (UPE) propose une solution logistique innovante en déployant des infrastructures clés en main au sein des pôles territoriaux, réduisant ainsi les délais d'installation pour les investisseurs.
Consolider les acquis de la zone industrielle de Glo-Djigbé
Cette initiative s'inscrit dans la continuité de la politique industrielle engagée depuis 2016, dont la zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) constitue le pivot central. Fruit d'un partenariat entre l'État et le groupe ARISE IIP, ce projet ambitionne de générer près de 300 000 emplois d'ici 2030. Parallèlement, le gouvernement mise sur une décentralisation industrielle via des pôles économiques régionaux, visant à rapprocher les unités de transformation des zones de production agricole, notamment pour la filière cajou.
Objectif : transformer la production locale à l'horizon 2030
Au-delà du soutien financier, l'exécutif affiche des ambitions macroéconomiques claires. Le ministère de l'Industrie et du Commerce cible une transformation intégrale de la production cotonnière nationale. À terme, ces mesures visent à propulser les exportations béninoises vers la barre des 6 milliards de dollars d'ici 2030. Les statuts de la structure porteuse du fonds ayant été validés, les ministères de l'Économie et de l'Industrie sont désormais chargés d'opérationnaliser ce dispositif pour une mise en œuvre rapide sur le terrain.