La sortie du Nigeria de la liste grise du Groupe d'action financière (GAFI) marque un tournant pour l'attractivité financière du pays, selon la présidente du barreau nigérian (NBA), Oyinkansola Badejo-Okusanya. Cette avancée, saluée par les professionnels du droit, facilite désormais les transactions transfrontalières et renforce la confiance des investisseurs dans l'écosystème financier national.
Un levier pour la fluidité des échanges financiers
Lors d'une visite officielle au siège de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) à Abuja, la présidente de la NBA a souligné que le retrait de cette liste de surveillance internationale a des conséquences concrètes sur le quotidien des affaires. Selon elle, les transactions internationales sont devenues plus fluides et moins coûteuses, offrant aux avocats et à leurs clients un environnement opérationnel plus stable. Cette normalisation est perçue comme un moteur essentiel pour le développement économique, le barreau insistant sur le lien indissociable entre la solidité du système judiciaire et la vitalité des activités commerciales.
La stratégie de réforme de l'EFCC
De son côté, le président de l'EFCC, Ola Olukoyede, a attribué ce succès à une mobilisation interinstitutionnelle coordonnée. Le Nigeria, placé sous surveillance en février 2023 en raison de lacunes dans son dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a dû soumettre six rapports de progrès en deux ans. Pour répondre aux 19 points du plan d'action du GAFI, le pays a entrepris des réformes législatives majeures et instauré un registre des bénéficiaires effectifs, aboutissant à une décision favorable lors de la plénière d'octobre 2025 à Paris.
Vers une prévention accrue des risques financiers
Au-delà de cette reconnaissance, l'EFCC affiche une volonté de pérenniser ces acquis par une approche préventive. La création d'un département dédié à l'évaluation et au contrôle des risques de fraude (FRAC) illustre ce changement de paradigme : l'institution ne souhaite plus agir uniquement après la commission des délits, mais anticiper les vulnérabilités du système. Dans cette optique, la collaboration avec le barreau nigérian est appelée à se renforcer, notamment par le partage de connaissances et l'apport d'expertises professionnelles, afin de maintenir le Nigeria dans une trajectoire de conformité et de transparence financière internationale.