Le barreau nigérian dénonce les failles sécuritaires persistantes dans l'État du Plateau malgré les renforts militaires

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 14 lectures
Le barreau nigérian dénonce les failles sécuritaires persistantes dans l'État du Plateau malgré les renforts militaires

Face à la persistance des violences dans l'État du Plateau, le déploiement de 178 soldats supplémentaires dans la zone de gouvernement local de Mangu suscite un débat sur l'efficacité de la stratégie sécuritaire actuelle. Le barreau nigérian (NBA) a publiquement exprimé ses réserves, soulignant que ces renforts ne suffisent pas à restaurer la confiance des populations face à des attaques récurrentes.

Un renforcement militaire sous surveillance

Le 236e bataillon de chars a dépêché 178 militaires au sein du secteur 8 de l'opération Enduring Peace. Ce mouvement de troupes s'inscrit dans une volonté de densifier la présence sécuritaire, après le transfert du quartier général tactique de l'opération vers Mangu en août dernier. Si ces effectifs visent à améliorer la réactivité face aux menaces, le barreau nigérian pointe du doigt l'incapacité des forces en place à prévenir les incursions, citant notamment des attaques survenues malgré l'instauration de couvre-feux.

Les critiques du barreau sur la gouvernance sécuritaire

Les sections locales du barreau, réunies à Jos, ont dénoncé une érosion du contrat social. En s'appuyant sur l'article 33 de la Constitution de 1999, les avocats rappellent que la protection des vies est une obligation régalienne fondamentale. Ils exigent désormais des comptes sur les délais d'intervention des forces de l'ordre, suggérant que des sanctions soient prises contre les agents dont la passivité est avérée. Parmi leurs recommandations figurent la rotation régulière des effectifs pour éviter les vulnérabilités liées à une trop grande familiarité avec le terrain, ainsi qu'une meilleure coordination inter-États avec Bauchi et Taraba.

Vers une réforme de l'architecture sécuritaire

Au-delà des mesures d'urgence, le barreau plaide pour une refonte structurelle. Les juristes préconisent un transfert de la sécurité sur la liste législative concurrente, afin d'octroyer aux gouverneurs des États un contrôle opérationnel accru sur les forces de sécurité. Ils appellent également à une meilleure dotation en équipements pour les unités déployées et à une surveillance renforcée des zones forestières, telles que la réserve de gibier de Pa’ I, suspectée de servir de refuge aux groupes armés.

Justice et redevabilité pour les victimes

La question de l'impunité demeure centrale dans l'analyse du barreau. L'association insiste sur la nécessité d'accélérer les poursuites judiciaires contre les auteurs et les commanditaires présumés des violences. Le barreau s'est engagé à mobiliser ses experts en droit constitutionnel et en droits humains pour documenter les exactions et accompagner les personnes déplacées dans leurs démarches juridiques, affirmant que la paix ne peut être durable sans une justice rigoureuse et une transparence totale sur les responsabilités des acteurs en présence.

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