L'Association du Barreau du Ghana (GBA) fait l'objet d'une remise en question sur sa légitimité à se poser en gardienne exclusive de la Constitution de 1992. Une analyse critique souligne le décalage entre le boycott historique de l'institution lors de la rédaction du texte fondamental et son invocation actuelle, jugée parfois partisane, de la légalité constitutionnelle.
Le poids d'un héritage contesté
En 1992, lors de la création de l'Assemblée consultative chargée de rédiger la Constitution ghanéenne sous l'égide de la loi PNDC 253, le Barreau du Ghana avait fait le choix délibéré de ne pas participer au processus. Des témoignages directs, dont celui de l'observateur Kasise Ricky Peprah, rapportent que l'institution avait alors manifesté un mépris manifeste pour cet exercice démocratique. Aujourd'hui, cette même organisation brandit le texte constitutionnel avec une solennité qui occulte son refus initial de contribuer à son élaboration.
La vigilance constitutionnelle face au risque partisan
La critique adressée au Barreau pointe une tendance à utiliser le cadre constitutionnel comme un instrument de pression politique, particulièrement lorsque des gouvernements aux orientations progressistes tentent de mettre en œuvre des programmes de transformation sociale. Si le rôle du Barreau est de veiller au respect de l'État de droit et de contester les excès de l'exécutif, l'exigence de neutralité est ici au cœur du débat. L'enjeu est de savoir si la GBA défend réellement les principes constitutionnels ou si elle protège des intérêts politiques spécifiques sous couvert de rigueur juridique.
Vers une exigence de cohérence institutionnelle
L'appel à la responsabilité lancé à l'égard de la GBA insiste sur la nécessité d'une constance dans l'application des standards juridiques, quel que soit le bord politique au pouvoir. Une institution qui exige la redevabilité de la part des autres acteurs publics doit, selon cette perspective, accepter d'être elle-même soumise à l'examen de son propre historique et de ses prises de position. La crédibilité du Barreau dépendrait ainsi de sa capacité à critiquer aussi bien les dérives de l'exécutif que celles du pouvoir judiciaire, tout en reconnaissant que la Constitution appartient au peuple ghanéen et non à une élite juridique.