Le Barreau du Ghana (GBA) a officiellement exprimé son indignation suite à une tentative d'arrestation menée par l'Office des crimes économiques et organisés (EOCO) à l'encontre de Nana Agyei Baffour Awuah, député de Manhyia South. L'incident, survenu le 23 septembre 2026 au sein du complexe judiciaire de la Haute Cour d'Accra, alors que l'élu exerçait ses fonctions d'avocat, soulève des questions critiques sur le respect des garanties constitutionnelles et l'indépendance des auxiliaires de justice.
Une intervention jugée intimidante
Lors de cette opération, le GBA a également dénoncé l'agression physique subie par un autre avocat, Enoch Anhwere Afoakwa. Des enregistrements vidéo analysés par l'association confirment que l'agression a été perpétrée par une femme identifiée par l'EOCO comme étant l'un de ses agents. Pour le Barreau, ces méthodes ne sont pas seulement une entrave à l'exercice du droit, mais elles créent un climat d'intimidation susceptible de décourager les avocats dans l'accomplissement de leurs missions professionnelles.
La protection des garanties constitutionnelles
Si le GBA rappelle que nul n'est au-dessus de la loi, il insiste sur le fait que les agences de sécurité doivent impérativement se conformer aux procédures légales lorsqu'elles interviennent auprès d'avocats en plein exercice de leurs fonctions. L'association souligne que toute tentative de contourner ces garde-fous menace la confiance du public dans le système judiciaire. Elle craint notamment que de tels actes ne finissent par restreindre l'accès à la défense, particulièrement pour les dossiers traités à titre pro bono.
Un précédent qui inquiète la profession
Cet événement s'inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre les forces de sécurité et les professionnels du droit. Le GBA a rappelé un incident survenu en juin 2025 impliquant l'ancien vice-président du Barreau, Justice Minka Premo, et une jeune consœur, arrêtés et détenus par le Bureau des enquêtes nationales (BNI) alors qu'ils assistaient un client. À l'époque, la présidence du Barreau avait déjà questionné la légitimité de ces interpellations soudaines, suggérant une dérive dans les méthodes d'investigation.
Appel au respect de l'indépendance judiciaire
Face à ces agissements, le Barreau du Ghana exhorte l'EOCO et les autres institutions étatiques à garantir que leurs activités respectent strictement l'équité et les droits fondamentaux. L'organisation réaffirme que l'indépendance de la profession d'avocat demeure la pierre angulaire de toute société démocratique. Pour le GBA, il est impératif que la justice ne soit pas seulement rendue, mais qu'elle soit perçue comme telle, sans ingérence arbitraire dans le travail des défenseurs.