Le barreau du Ghana dénonce les méthodes coercitives de l'agence anti-corruption EOCO envers les avocats

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Le barreau du Ghana dénonce les méthodes coercitives de l'agence anti-corruption EOCO envers les avocats

La Ghana Bar Association (GBA) a officiellement exprimé sa vive préoccupation face aux récentes interventions de l'Economic and Organised Crime Office (EOCO) à l'encontre d'avocats en plein exercice de leurs fonctions. Cette prise de position fait suite à des incidents survenus au sein du complexe judiciaire d'Accra, mettant en péril l'indépendance de la profession et la sérénité du système judiciaire.

Une intervention contestée au tribunal

Le 23 septembre 2026, une tentative d'arrestation visant Nana Agyei Baffour Awuah, député de Manhyia South, alors qu'il représentait un client au tribunal, a déclenché l'indignation de l'ordre des avocats. Parallèlement, des images diffusées en ligne ont documenté l'agression présumée d'un autre avocat, Enoch Anhwere Afoakwa, par un agent de l'EOCO. La GBA, par la voix de sa présidente Efua Ghartey et de son secrétaire national Kwaku Gyau Baffour, a fermement condamné ces méthodes, rappelant que si nul n'est au-dessus de la loi, les procédures d'interpellation doivent impérativement respecter les garanties constitutionnelles.

Menaces sur l'exercice du droit de défense

L'association souligne que de telles actions, perçues comme arbitraires, instaurent un climat d'intimidation susceptible de paralyser les avocats dans l'exercice de leur mission. La GBA craint que ces mesures irrégulières ne découragent les professionnels du droit, notamment dans le cadre de services pro bono, et n'altèrent la confiance du public envers les institutions judiciaires. Pour le barreau, l'entrave à la liberté de défendre un client constitue une atteinte directe aux piliers de la société démocratique.

Un rappel à l'ordre institutionnel

Ces événements ne sont pas isolés. Lors de ses conférences annuelles et semestrielles, la présidente de la GBA avait déjà alerté sur la récurrence de traitements abusifs infligés aux avocats par les forces de sécurité, citant notamment la détention arbitraire de confrères par le BNI. Face à cette situation, l'organisation exige désormais des institutions étatiques, dont l'EOCO, une conformité stricte aux procédures légales. La GBA insiste sur le fait que l'indépendance des avocats est une condition sine qua non pour que la justice soit non seulement rendue, mais également perçue comme telle par les citoyens.

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