Le Burkina Faso pourrait bientôt faire face à un déversement contrôlé du barrage de Bagré, une mesure préventive face à la montée des eaux. SONABEL, gestionnaire du site, envisage d’ouvrir les vannes dès le 28 août 2026 si le niveau du réservoir atteint 234,75 mètres, soit à peine 0,2 mètre de plus que son niveau actuel.
Un niveau d’eau proche du seuil critique
Selon le Secrétariat du bassin de la Volta Blanche, le réservoir du barrage de Bagré affiche un niveau de 234,55 mètres, soit un taux de remplissage de 93,98 %. Ce chiffre reste inférieur de 0,45 mètre au seuil normal de 235 mètres, mais la marge est suffisamment étroite pour justifier une surveillance accrue. Une ouverture des vannes pourrait être décidée dès que le niveau atteindra 234,75 mètres, une décision qui dépendra des précipitations des prochains jours.
Kompeinga : un déversement en cours depuis janvier
Parallèlement, le barrage de Kompeinga, situé également dans l’est du pays, connaît une situation différente. Son niveau d’eau est de 178,13 mètres, avec un taux de remplissage de 81,45 %, soit 1,87 mètres en dessous du seuil normal. Pourtant, ses vannes sont déjà ouvertes depuis le 1er janvier 2026, avec un débit de 19,03 m³ par seconde. Contrairement à Bagré, cette ouverture vise non pas à réguler des crues, mais à maintenir un niveau minimal dans le cours d’eau, une mesure exceptionnelle qui pourrait refléter des tensions sur la gestion des ressources hydriques.
Quels enjeux pour les populations et l’agriculture ?
Un déversement au barrage de Bagré pourrait avoir des répercussions immédiates sur les communautés riveraines, notamment en aval du fleuve Volta. Les zones agricoles, déjà vulnérables aux aléas climatiques, pourraient subir des inondations partielles, tandis que les autorités devront gérer les risques de propagation de maladies liées à l’eau. La décision de SONABEL s’inscrit dans un contexte de gestion préventive, mais elle rappelle aussi les défis structurels du Burkina Faso en matière de maîtrise des eaux et de résilience face aux changements climatiques. Une surveillance accrue des deux barrages sera nécessaire dans les semaines à venir pour évaluer l’impact réel de ces mesures.