Les cours du pétrole ont atteint des niveaux inédits depuis deux mois, portés par l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, qui menace directement les flux énergétiques du Golfe.
Un baril à plus de 95 dollars, dopé par les craintes de rupture d’approvisionnement
Le prix du Brent, référence mondiale du pétrole, a bondi de 5,38 % pour s’établir à 95,36 dollars le baril mardi, tandis que le WTI américain gagnait 5,95 % à 90,86 dollars. Ces niveaux n’avaient plus été observés depuis fin juillet, signe d’une nervosité accrue des marchés face aux risques géopolitiques. Les traders craignent qu’une intensification des hostilités entre Washington et Téhéran ne perturbe les exportations de brut en provenance du Moyen-Orient, une région qui assure près d’un tiers de l’approvisionnement mondial.
Des frappes militaires qui relancent un conflit latent
La hausse des prix intervient après une série d’échanges militaires directs entre les deux pays, les premiers en un mois. Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes aériennes ciblant des positions iraniennes mardi, tandis que Téhéran ripostait en lançant des missiles vers deux bases américaines en Jordanie. Ces attaques s’inscrivent dans un cycle de représailles déclenché par des incidents antérieurs, comme l’assaut américain sur l’île de Larak, en Iran, visant des lanceurs de mines dans le détroit d’Ormuz. Washington affirme avoir intercepté tous les projectiles iraniens capables de causer des dégâts, tout en brandissant de nouvelles sanctions économiques pour affaiblir Téhéran.
Un équilibre fragile entre sanctions et escalade
Le président américain Donald Trump a averti que des frappes supplémentaires pourraient être lancées, tout en minimisant l’impact des missiles iraniens. Pourtant, les analystes soulignent que la rhétorique belliqueuse et les mesures coercitives risquent d’alimenter une spirale dangereuse. Les sanctions, déjà en place, n’ont pas empêché Téhéran de riposter militairement, tandis que les frappes américaines pourraient aggraver les tensions régionales. Pour les économies africaines, dépendantes à plus de 80 % des importations de pétrole, cette volatilité des prix pourrait peser sur les budgets nationaux et les coûts de l’énergie, déjà sous pression depuis le début de l’année.