À l'approche du Gamou 2026, le directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), Souleye Kane, a multiplié les rencontres avec les autorités religieuses de Thiénaba et Tivaouane. Cette démarche vise à intégrer davantage les foyers religieux dans le dispositif national de qualification et d'insertion socioprofessionnelle des jeunes.
Une stratégie d'ancrage territorial pour la formation
Lors de ses visites à Thiénaba, où il a été reçu par le Khalife général Baye Serigne Assane Seck, Souleye Kane a réaffirmé l'importance du projet « Un talibé, un métier ». Ce programme, déjà expérimenté dans la cité, constitue un levier central pour la stratégie du 3FPT. L'objectif affiché est de renforcer l'accès des jeunes talibés à des formations techniques qui répondent concrètement aux besoins économiques de leurs localités respectives, transformant ainsi l'apprentissage traditionnel en un vecteur d'employabilité moderne.
Synergie entre héritage spirituel et compétences techniques
À Tivaouane, les échanges avec Serigne Moustapha Sy Al Amine et Serigne Sidy Ahmed ont permis d'aborder la place des foyers religieux dans l'écosystème de la formation. Cette concertation s'inscrit dans un contexte particulier, celui de la tenue du Salon international du livre islamique et des manuscrits de Tivaouane (SILMIT). Le thème de cette édition, axé sur la transmission du savoir et l'intelligence humaine, fait écho à la volonté du 3FPT d'adapter les parcours de formation aux défis contemporains.
L'enjeu de l'insertion des jeunes talibés
La démarche du directeur du 3FPT souligne une volonté institutionnelle de s'appuyer sur l'influence des cités religieuses pour toucher un public souvent éloigné des circuits de formation classiques. En sollicitant l'appui des guides religieux, le 3FPT cherche à légitimer et à faciliter le déploiement de ses dispositifs d'apprentissage sur le terrain. Pour les autorités du Fonds, il s'agit d'un enjeu de société majeur : transformer la transmission du savoir au sein des foyers religieux en une opportunité réelle d'insertion professionnelle pour les jeunes, tout en respectant les réalités culturelles et spirituelles des zones concernées.