Le 26 août 1970, un geste symbolique et subversif marquait la naissance du Mouvement de libération des femmes (MLF) en France. Sous l’Arc de Triomphe, un groupe de militantes féministes déposait une gerbe « à la femme du Soldat inconnu », en écho à la grève des femmes américaines pour l’égalité. Interpellées par les forces de l’ordre, leur action audacieuse, portée par des figures comme Christine Delphy ou Monique Wittig, allait devenir un symbole de la lutte pour les droits des femmes.
Un acte fondateur né d’une solidarité transatlantique
L’initiative s’inscrivait dans le sillage de la grève des employées de la chaîne de télévision américaine ABC, qui réclamaient l’égalité salariale et des conditions de travail décentes. En France, des militantes comme Christine Delphy, Monique Wittig, Cathy Bernheim ou Christiane Rochefort ont repris ce flambeau, transformant un geste isolé en mouvement structuré. Leur action, bien que rapidement interrompue par les autorités, a bénéficié d’une couverture médiatique immédiate, propageant l’idée d’une libération collective des femmes.
Un retentissement médiatique qui a changé la donne
L’interpellation des militantes n’a pas étouffé leur message. Au contraire, la médiatisation de l’événement a amplifié la visibilité du féminisme en France. Le MLF, officiellement né de ce geste, allait structurer des décennies de combat pour les droits reproductifs, l’égalité professionnelle et la fin des violences sexistes. Aujourd’hui, cet acte est reconnu comme un jalon majeur de l’histoire des luttes sociales en Europe.
Un héritage qui dépasse les frontières
Si l’événement s’est déroulé à Paris, son écho a résonné bien au-delà. Le MLF a inspiré des mouvements similaires en Afrique francophone, où des militantes ont puisé dans cette dynamique pour revendiquer leurs propres droits. En Afrique du Nord et subsaharienne, des collectifs féministes ont repris les méthodes d’action directe et de sensibilisation publique pour faire avancer les législations nationales. Ce geste de 1970 rappelle que les luttes pour l’égalité, qu’elles soient locales ou globales, s’alimentent mutuellement.