L’Association de l’industrie phonographique d’Australie (ARIA) frappe un grand coup : dès vendredi, les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle seront exclus de ses classements officiels. Une mesure radicale pour défendre « la nature humaine de l’expression artistique » face à l’invasion des contenus synthétiques.
Une règle stricte pour préserver l’authenticité
Pour figurer dans les classements ARIA, désormais, la musique devra être « principalement d’origine humaine ». Les titres entièrement conçus par IA en sont donc exclus, tandis que ceux partiellement assistés par cette technologie restent éligibles. Une distinction claire qui reflète les tensions croissantes au sein de l’industrie, où l’IA générative inonde les plateformes de contenus artificiels.
L’affaire Madonna et l’électrochoc réglementaire
Le déclic est venu en juillet, lorsque une reprise de « Like a Prayer » de Madonna, utilisant des voix et une batterie générées par IA, a atteint la première place des classements australiens. Une révélation qui a choqué les professionnels et accéléré la mise en place de ces nouvelles directives. « Cette situation a révélé l’urgence de protéger l’intégrité des classements », a souligné un porte-parole de l’ARIA.
Spotify et l’industrie contre la désinformation sonore
Le géant du streaming Spotify a emboîté le pas en lançant un badge « AI Persona » pour distinguer les artistes humains des entités générées par IA. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique plus large : en avril, plusieurs grandes organisations musicales ont proposé un système d’étiquetage obligatoire pour les contenus issus de l’IA générative. Plus d’un tiers des nouveaux titres mis en ligne seraient aujourd’hui entièrement créés par des algorithmes, selon un dirigeant d’Apple Music.
Un tournant pour l’avenir de la création musicale ?
Cette décision de l’ARIA pourrait bien marquer un tournant dans la régulation de l’IA dans la musique. Si elle vise à protéger les artistes humains, elle soulève aussi des questions sur l’équilibre entre innovation technologique et préservation des métiers créatifs. Les prochains mois diront si d’autres pays suivront cette voie, ou si l’industrie musicale parviendra à concilier progrès technique et authenticité artistique.