L'audience accordée par le président Bassirou Diomaye Faye à l'ancienne députée et maire de Gniby, Amy Ndiaye, suscite de nombreuses interrogations sur l'échiquier politique sénégalais. Cette rencontre, officiellement centrée sur les enjeux économiques et nationaux, intervient dans un contexte de structuration de la nouvelle formation présidentielle, Kiraay, visant à consolider la majorité au pouvoir.
Une rencontre sous le signe de l'incertitude
Si la maire de Gniby a confirmé avoir échangé avec le chef de l'État sur la situation globale du pays, elle a maintenu un flou stratégique quant à son avenir politique. Aucune adhésion formelle à Kiraay n'a été annoncée à l'issue de cet entretien. Pour les observateurs, ce tête-à-tête soulève la question d'un éventuel ralliement, alors que le président Faye cherche à élargir sa base politique après la rupture avec le Pastef et Ousmane Sonko.
Le poids d'un passé parlementaire marqué par la violence
Le retour d'Amy Ndiaye au centre de l'actualité politique ravive le souvenir de l'épisode du 1er décembre 2022, qui avait durablement marqué l'opinion publique. Lors d'une séance budgétaire à l'Assemblée nationale, la députée, alors membre de la coalition Benno Bokk Yakaar, avait été violemment agressée par deux collègues de l'opposition, Massata Samb et Mamadou Niang. Cet acte, survenu alors qu'elle était enceinte, avait suscité une vive indignation nationale et internationale, illustrant les tensions extrêmes au sein de l'hémicycle à cette période.
Justice et conséquences judiciaires
L'agression subie par Amy Ndiaye avait conduit à une procédure judiciaire exemplaire. Le 2 janvier 2023, les deux députés auteurs des violences avaient été condamnés à une peine de six mois de prison ferme, assortie du versement de cinq millions de francs CFA de dommages et intérêts à la victime. Cet événement, qui a durablement associé le nom de l'élue à la lutte contre les violences basées sur le genre, reste un élément central de sa trajectoire publique.
L'enjeu du positionnement politique
À ce jour, le positionnement de l'édile de Gniby demeure une inconnue. Si son passage au Palais présidentiel est interprété par certains comme le signe d'une future alliance avec le camp présidentiel, l'intéressée conserve une posture de réserve. La suite des événements permettra de déterminer si cette audience marque le début d'une collaboration politique concrète ou s'il s'agissait d'une simple consultation institutionnelle.