La militante associative Latifa Ibn Ziaten a exprimé une vive opposition au projet du Rassemblement national (RN) visant à interdire, par voie de référendum, le port du voile dans l'espace public français. Cette prise de position souligne les tensions persistantes autour de la gestion des symboles religieux et des libertés individuelles dans le débat politique national.
Une remise en cause des libertés individuelles
Pour la présidente de l'association Imad, la proposition du parti d'extrême droite représente un « danger » pour la cohésion sociale. Latifa Ibn Ziaten estime que l'État ne devrait pas restreindre la liberté des femmes à choisir leur tenue vestimentaire dans l'espace public. Elle s'inquiète par ailleurs d'une dégradation du climat social, marquée selon elle par une recrudescence du racisme et de la haine, des phénomènes qu'elle juge incompatibles avec l'image de la France qu'elle a connue au cours de ses 53 années de présence dans le pays.
Nuances sur les symboles religieux
Malgré sa critique frontale du projet du RN, la militante apporte des nuances sur la question des signes religieux. Elle maintient une position ferme contre le port de l'abaya en milieu scolaire et se déclare favorable à l'interdiction de la burqa, justifiant cette dernière mesure par la nécessité de ne pas dissimuler son visage dans l'espace public. Ces déclarations illustrent la complexité du débat, où les positions ne se limitent pas à un clivage binaire entre partisans et opposants à toute restriction.
La stratégie politique du Rassemblement national
De son côté, le Rassemblement national tente de justifier sa proposition en opérant une distinction sémantique entre le port du voile et ce qu'il qualifie d'« idéologie islamiste ». Le député Jean-Philippe Tanguy a précisé que le foulard porté par Mme Ibn Ziaten ne serait pas visé par cette mesure, le parti affirmant cibler uniquement les symboles associés à une idéologie politique. Cette approche, portée par Marine Le Pen dans le cadre d'un projet de référendum sur les « idéologies islamistes », continue de susciter des interrogations juridiques et politiques sur la faisabilité et la conformité d'une telle interdiction avec les principes fondamentaux de la République.