L'association M'endors pas, fondée par Caroline Darian, déploie une campagne de sensibilisation d'envergure nationale pour alerter sur les dangers de la soumission chimique. Avec le soutien de Gisèle Pelicot, devenue une figure emblématique de la lutte contre les violences sexuelles, cette initiative vise à briser le tabou entourant l'administration de substances psychoactives à des fins criminelles.
Un enjeu majeur de santé publique
La soumission chimique, définie comme l'administration forcée ou à l'insu d'une victime de substances psychoactives, est désormais qualifiée de « fléau de santé publique » par les acteurs de la prévention. L'objectif de cette campagne, diffusée jusqu'au 18 octobre via les médias traditionnels, les réseaux sociaux et l'affichage urbain, est d'inciter les victimes potentielles à investiguer en cas de doute. Le message central souligne que l'absence de souvenir ne signifie pas l'absence de traces, et qu'il est crucial de ne pas ignorer les signaux d'alerte.
Mobilisation et outils de signalement
Le dispositif de communication repose sur des témoignages illustrant le désarroi des victimes incapables de reconstituer des événements traumatiques. Gisèle Pelicot intervient dans le film de campagne pour délivrer un message de prévention et orienter les personnes concernées vers le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (Crafs). Cette démarche, soutenue par la ministre de l'Égalité femmes-hommes Aurore Bergé, insiste sur le caractère insidieux de ces violences, souvent perpétrées par des individus faisant partie de l'entourage proche de la victime.
L'impact des affaires judiciaires sur la prise de conscience
La visibilité accrue de ce phénomène en France est le résultat d'une succession d'affaires judiciaires marquantes. La plainte de la députée Sandrine Josso contre le sénateur Joël Guerriau, condamné pour soumission chimique, a constitué un premier tournant. Cette prise de conscience a été amplifiée par le procès mondialement médiatisé de Dominique Pelicot, condamné en décembre 2024 pour avoir drogué son ex-épouse afin de la livrer à des agresseurs. Ces dossiers ont permis de sortir la soumission chimique de l'ombre, transformant une problématique longtemps méconnue en un sujet de débat public et de vigilance collective.