L'Association médicale nigériane (NMA) presse les autorités fédérales d'adopter des mesures structurelles urgentes pour endiguer la fuite des cerveaux dans le secteur de la santé. Au-delà de la revalorisation des conditions de travail, le syndicat plaide pour une stratégie globale incluant la rétention des seniors et une meilleure protection des praticiens.
Le relèvement de l'âge de la retraite comme levier de rétention
La NMA insiste sur la nécessité de porter l'âge de la retraite des cliniciens à 65 ans. Selon son président, Afekhide-Ernest Omoti, cette mesure constitue un palliatif indispensable pour compenser le déficit criant de personnel qualifié, exacerbé par une migration massive des professionnels vers l'étranger. Pour l'association, conserver l'expertise des cliniciens les plus expérimentés est une condition sine qua non pour maintenir la continuité des soins dans un système sous tension.
Infrastructures et sécurité : des obstacles majeurs aux soins
Le diagnostic de la NMA souligne également l'impact délétère de l'état des infrastructures routières sur l'accès aux soins. Les routes dégradées entravent non seulement le transport des médicaments, mais retardent également les interventions d'urgence et les transferts de patients, particulièrement dans les zones rurales. Parallèlement, l'insécurité croissante — marquée par des enlèvements de médecins — fragilise l'exercice de la profession. L'association appelle le gouvernement à sécuriser prioritairement les établissements de santé et à intensifier la lutte contre le banditisme pour protéger les personnels exposés.
Allègements fiscaux et urgence de santé publique
L'association réclame des mesures fiscales concrètes, telles que des exonérations ou des remises d'impôts, pour les professionnels de santé publics et privés. Ces dispositifs visent à alléger le poids des charges, notamment les coûts énergétiques, afin d'éviter que ces dépenses ne soient répercutées sur les patients les plus précaires. Enfin, la NMA alerte sur l'augmentation de la consommation de substances psychoactives chez les jeunes. Elle exhorte l'État à déclarer ce phénomène comme une urgence de santé publique nationale, nécessitant une réponse coordonnée entre les ministères de la Santé, de l'Éducation et de la Sécurité pour renforcer la prévention et l'accès aux soins psychiatriques.
Le défi de la mise en œuvre des accords collectifs
La persistance des retards dans l'application des accords collectifs de travail (CBA) demeure un point de friction majeur. La NMA estime que ce manque de considération pour les engagements pris alimente le mécontentement au sein des hôpitaux et encourage le départ des praticiens. Si l'association reconnaît les avancées en matière d'infrastructures hospitalières, elle rappelle qu'un bâtiment, aussi moderne soit-il, ne peut offrir des soins de qualité sans une main-d'œuvre qualifiée, valorisée et maintenue dans le système national.