L'Association des chrétiens du Nord (NCA) a vivement réagi à la vague d'attaques ayant frappé l'État du Plateau, déplorant la perte d'au moins neuf vies humaines. Cette organisation appelle les autorités nigérianes à rompre avec une forme de banalisation de la violence et à repenser en profondeur leurs stratégies de protection des populations civiles.
Une série d'attaques ciblées dans le Plateau
Les violences, survenues entre la nuit du samedi et la matinée du dimanche, ont touché plusieurs localités, notamment Barkin Ladi et Riyom. Parmi les victimes figurent cinq personnes abattues lors d'un déplacement vers Gana-Ropp, ainsi qu'un pasteur et un autre fidèle, pris pour cible alors qu'ils se rendaient à l'église à Dorowa Babuje. Des incidents ont également été signalés à Baten Wereng et Ratyidi, illustrant une insécurité persistante qui fragilise le tissu social et les moyens de subsistance des communautés locales.
L'impératif d'une stratégie de renseignement préventif
Le président de la NCA, le révérend Joseph John Hayab, a souligné que l'efficacité des forces de sécurité ne doit plus se limiter à une réaction post-incident. L'association préconise une refonte des mécanismes de défense, axée sur une meilleure collecte de renseignements et des systèmes d'alerte précoce capables de neutraliser les menaces avant qu'elles ne se concrétisent. Si le déploiement de renforts militaires apporte un sentiment de sécurité immédiat, la NCA insiste sur la nécessité d'un système pérenne de détection et de réponse rapide.
Le rôle crucial de la collaboration communautaire
Au-delà des mesures étatiques, l'association met en avant l'importance d'un partenariat étroit entre les agences de sécurité et les résidents. Ces derniers, souvent les premiers témoins de mouvements suspects, sont considérés comme des acteurs clés pour anticiper les agressions. La NCA exhorte les autorités à instaurer une confiance mutuelle avec les citoyens, tout en réclamant des enquêtes rigoureuses pour identifier et traduire en justice les auteurs de ces crimes, afin de mettre fin à un cycle de violence qui ne saurait être toléré comme une fatalité.