L'Association des barreaux du Maroc (ABAM) a tenu à clarifier le sens de la mobilisation actuelle des avocats concernant le projet de loi 66.23. Par la voix de son président, Me Houcine Ziani, l'organisation insiste sur la nature purement institutionnelle de ce différend, tout en récusant toute tentative d'instrumentalisation politique extérieure.
Une distinction claire entre débat législatif et constantes nationales
L'ABAM souligne que la contestation entourant la loi 66.23 s'inscrit dans un cadre démocratique normal où les politiques publiques et les textes législatifs peuvent faire l'objet de critiques et d'évaluations. Pour l'Association, le désaccord porte exclusivement sur des choix gouvernementaux et des dispositions régissant l'exercice de la profession. En réaffirmant son attachement indéfectible à la monarchie et aux constantes nationales, l'ABAM cherche à sanctuariser l'institution royale, qu'elle place au-dessus des controverses professionnelles et politiques.
La dénonciation des lectures extérieures
Le communiqué de l'ABAM répond directement à des interprétations diffusées par certains médias étrangers, jugées hostiles au Royaume. L'Association dénonce une volonté de décontextualiser le mouvement social des avocats pour lui conférer une portée politique qui ne correspond pas à ses fondements. Selon Me Ziani, cette exploitation extérieure tente de transformer un débat interne sur la législation en une remise en question des fondements de l'État, une lecture que l'organisation rejette fermement.
L'ancrage historique du barreau marocain
Pour justifier sa posture, l'ABAM s'appuie sur une mémoire institutionnelle riche, rappelant l'engagement historique des avocats dans la lutte pour l'indépendance et l'édification des institutions nationales. En citant la lettre de feu le Roi Hassan II adressée au Congrès international des avocats en 1994, l'Association rappelle que le barreau est une « école ancestrale de l'éthique nationale ». Cet héritage sert de socle à la légitimité de leur contestation : pour les avocats, défendre l'indépendance de leur profession est un acte qui s'exerce pleinement au sein de l'État des institutions.
Le maintien du dialogue dans le cadre institutionnel
En conclusion, l'ABAM réitère que la divergence d'opinions sur un texte de loi ne saurait être assimilée à une rupture avec les valeurs de la Nation. L'organisation revendique le droit de protester tout en restant fidèle à l'unité nationale et à la souveraineté du Royaume. En affirmant que « nous divergeons sous le toit de la patrie », l'Association des barreaux du Maroc entend clore la polémique sur ses intentions et recentrer les discussions sur les enjeux techniques et professionnels de la loi 66.23.