À l'approche des échéances électorales de 2027, l'Association chrétienne du Nigeria (CAN) a officiellement mis en garde les acteurs politiques contre l'instrumentalisation du nom de Jésus-Christ. Cette intervention fait suite à des dérives observées dans le discours public, où des figures religieuses sont indûment mêlées aux rivalités entre candidats.
Une mise en garde contre l'instrumentalisation du sacré
Le président de la CAN, l'archevêque Daniel Okoh, a exprimé sa vive préoccupation face à l'utilisation croissante de références religieuses dans le débat politique nigérian. Cette prise de position intervient après des commentaires publics, notamment ceux de Precious Oruche, qui ont associé des figures politiques à des symboles spirituels. Pour l'instance religieuse, le nom de Jésus-Christ ne saurait être réduit à un slogan de campagne ou à un outil de marketing électoral destiné à favoriser un candidat au détriment d'un autre.
Recentrer le débat sur les enjeux de gouvernance
L'archevêque Okoh insiste sur la nécessité de distinguer la ferveur politique de la pratique spirituelle. Tout en réaffirmant le droit des citoyens à soutenir ou critiquer librement des personnalités comme Peter Obi, Atiku Abubakar ou le président Bola Tinubu, la CAN appelle à une modération du zèle partisan. L'organisation encourage les acteurs politiques à concentrer leurs échanges sur des critères objectifs : la compétence, le bilan, les politiques publiques et la vision pour l'avenir du pays.
Le refus de la figure du « messie » politique
Au-delà de la forme, c'est le fond du discours politique qui est visé. La CAN rappelle qu'aucun candidat ni aucune formation politique ne peut se prévaloir d'une mission de salut spirituel. En dénonçant la tendance à élever des responsables politiques à un rang quasi divin, l'institution cherche à prévenir une confusion dangereuse entre la gestion de la cité et la foi. Cet appel à la responsabilité s'adresse tant aux équipes de campagne qu'aux électeurs, dans un contexte où la montée des tensions pré-électorales nécessite, selon les autorités religieuses, un retour à une éthique du débat public respectueuse des institutions et des croyances de chacun.