L'Assemblée nationale sénégalaise scrute la transparence des opérations financières par Total Return Swap

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 5 lectures
L'Assemblée nationale sénégalaise scrute la transparence des opérations financières par Total Return Swap

Une commission d'enquête parlementaire a entamé ses travaux pour faire la lumière sur un montage financier complexe de 650 millions d'euros, soit environ 426 milliards de FCFA, mobilisé par l'État sénégalais. Alors que la présidence de cette instance est assurée par Me Aïssata Tall Sall, c'est la députée Rokhy Ndiaye qui conduit actuellement les auditions en raison d'un déplacement à l'étranger de la titulaire.

Un mécanisme financier sous haute surveillance

L'enquête porte sur l'utilisation de contrats de type Total Return Swap (TRS), une technique consistant à lever des fonds en cédant les revenus futurs générés par certains actifs. Cette opération, réalisée auprès de First Abu Dhabi Bank et d'Africa Finance Corporation, suscite des interrogations majeures au sein de l'hémicycle. L'opposition, à l'origine de cette initiative parlementaire, pointe du doigt une absence de transparence, soulignant que ce montage ne figurerait pas explicitement dans les lois de finances 2025 et 2026. Les critiques portent également sur le coût de l'opération, jugé potentiellement plus onéreux qu'un emprunt classique sur le marché régional.

Les objectifs de la commission d'enquête

Validée à l'unanimité par 129 députés, y compris ceux de la majorité Pastef, la commission dispose d'un mandat précis. Ses onze membres doivent établir les conditions réelles du contrat, en se concentrant particulièrement sur les taux d'intérêt appliqués et les éventuelles décotes consenties. L'enjeu est de taille pour les finances publiques : il s'agit de déterminer l'impact réel de ce montage sur la structure de la dette nationale et de vérifier la conformité des procédures suivies par le gouvernement.

La défense du gouvernement face aux soupçons

De son côté, l'exécutif rejette les accusations d'opacité. Le gouvernement soutient que le recours aux Total Return Swap s'inscrit dans une stratégie légale de diversification des instruments de financement. Pour les autorités, cette démarche répond à une nécessité de gestion active de la trésorerie. Alors que les auditions ont officiellement débuté le 5 octobre, l'attention se porte désormais sur la capacité de cette commission à obtenir des réponses claires sur la gestion de ces fonds, malgré l'absence remarquée de certains membres du groupe parlementaire Takku Wallu lors de l'ouverture des travaux.

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