Lors de la séance d'ouverture du mandat 2026-2027, le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a été officiellement saisi par la majorité parlementaire Pastef. Cette démarche vise à créer des commissions d’enquête sur l’Agence sénégalaise d’État pour le Reboisement (ASER) et le projet gazier Kosmos, deux dossiers où des soupçons de malversations financières ont émergé.
Une saisine parlementaire à l’aube du nouveau mandat
Le mardi 13 octobre 2026, la première séance ordinaire du Parlement a été marquée par la décision de la majorité Pastef de mettre en cause le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko. La saisine, qui constitue une procédure formelle, ouvre la voie à la mise en place de commissions d’enquête spécialisées. Elle reflète la volonté de la majorité de contrôler l’usage des fonds publics et d’assurer la transparence des institutions.
Enjeux autour de l’ASER : reboisement et financement
L’ASER, chargée de la lutte contre la déforestation et de la promotion du reboisement, a récemment fait l’objet de critiques concernant la gestion de ses budgets. Des allégations de détournement de fonds et de contrats opaques ont été relayées par des médias locaux, alimentant les appels à une vérification approfondie. Une commission d’enquête permettrait de retracer les flux financiers, d’identifier d’éventuels responsables et de proposer des mesures correctives pour garantir l’efficacité des programmes environnementaux.
Le projet gazier Kosmos sous le feu des projecteurs
Le projet Kosmos, initiative majeure visant à exploiter le gaz naturel offshore sénégalais, représente un enjeu économique et stratégique pour le pays. Cependant, des dénonciations ont pointé des irrégularités dans l’attribution des contrats et la répartition des recettes attendues. La saisine de Sonko indique que la majorité souhaite vérifier la conformité des procédures d’appel d’offres, la transparence des accords avec les partenaires étrangers et l’impact fiscal du projet sur les finances publiques.
Implications politiques et économiques
Cette action parlementaire intervient dans un contexte où la confiance des citoyens envers les institutions est mise à l’épreuve. En mandatant des commissions d’enquête, le Parlement cherche à renforcer la légitimité de ses organes de contrôle et à prévenir d’éventuels scandales financiers. Sur le plan économique, les résultats de ces investigations pourraient influencer la perception des investisseurs étrangers, notamment dans le secteur de l’énergie, et conditionner la mise en œuvre future du projet Kosmos.
Prochaines étapes pour le Parlement sénégalais
Les commissions d’enquête, une fois créées, disposeront d’un mandat limité dans le temps pour collecter documents, auditionner les parties prenantes et rédiger des rapports. Les conclusions seront présentées en séance plénière, où le Parlement décidera des suites à donner, pouvant aller de recommandations de réforme à des poursuites judiciaires. Le suivi de ces procédures sera scruté de près par la société civile et les acteurs économiques, qui attendent des réponses concrètes sur la gouvernance des fonds publics.