Une vive altercation survenue au sein de l'Assemblée nationale sénégalaise entre des députés de l'APR et de Pastef a conduit à une menace de poursuites judiciaires. Cet incident, symptôme d'un climat parlementaire délétère, souligne les blocages institutionnels persistants entre la majorité et l'opposition.
Un incident physique au cœur des débats
L'altercation, impliquant notamment les députés Abdou Mbow et Ousmane Fall, a éclaté en marge de l'examen de la proposition de loi n° 39/2026 relative à la santé en milieu carcéral. Si l'APR dénonce des insultes et une tentative d'agression physique dans les couloirs du Parlement, le groupe Pastef rejette ces accusations, imputant la responsabilité de l'incident aux provocations de ses adversaires. La situation a atteint un tel degré de tension que le groupe Takku Wallu, allié à l'APR, a annoncé son intention de porter l'affaire devant les tribunaux, qualifiant les faits de comportements barbares.
Blocages législatifs et obstruction parlementaire
Au-delà de l'incident personnel, c'est le fonctionnement même de l'institution qui est entravé. Abdou Mbow a publiquement déploré l'impossibilité de travailler sereinement, citant notamment le rejet de la loi sur les cartes d'identité biométriques. De son côté, Pastef accuse le groupe Takku Wallu de privilégier l'affrontement systématique au détriment du débat démocratique. Cette paralysie est accentuée par des manœuvres procédurales, telles que l'irrecevabilité de certaines initiatives, dans un contexte où l'Exécutif a lui-même bloqué plusieurs propositions de loi, dont une réforme du code pétrolier.
Une recomposition politique sous haute tension
Ces affrontements s'inscrivent dans une reconfiguration complexe de la scène politique sénégalaise post-2024. La dynamique actuelle oppose plusieurs blocs, entre la mouvance Kiiraay, associée au président Bassirou Diomaye Faye, et le groupe Pastef, lié à Ousmane Sonko. Les accusations mutuelles de blocage législatif et de perturbation des travaux parlementaires révèlent une méfiance profonde entre les acteurs. Alors que les échanges se durcissent, la judiciarisation des rapports entre députés marque une étape supplémentaire dans la dégradation du dialogue politique au sein de l'hémicycle.