L'Assemblée nationale sénégalaise a franchi une étape clé de sa session extraordinaire de 2026 en finalisant la constitution des bureaux de ses cinq commissions d'enquête parlementaire. Ce processus, qui vise à auditer des pans sensibles de la gestion publique, reflète un équilibre politique inédit entre la majorité et l'opposition, bien que l'absence remarquée des députés non-inscrits soulève des interrogations sur la représentativité des travaux.
Une répartition stratégique des présidences
La mise en place de ces commissions répond à une volonté de transparence sur des dossiers financiers et fonciers complexes. Dans un geste politique notable, la présidence de la commission dédiée aux mécanismes financiers de type Total Return Swap (TRS) a été confiée à Me Aïssata Tall Sall, une figure issue du groupe parlementaire Takku-Wallu, à l'initiative de cette demande d'enquête. Cette nomination illustre une forme de consensus parlementaire sur des sujets techniques à fort enjeu budgétaire.
Focus sur la gestion foncière et le patrimoine de l'État
Les autres commissions se concentrent sur des problématiques structurelles. La gestion du foncier et du domaine public maritime sera scrutée par une équipe dirigée par Omar Sy (Pastef), assisté d'El Hadji Ousmane Fall et d'Abdou Mbow. Parallèlement, l'ancien ministre Moustapha Ndao prend la tête de la commission chargée d'enquêter sur les cessions d'immeubles du patrimoine bâti de l'État, un dossier sensible concernant la transparence des transactions immobilières publiques.
Enquêtes sur les marchés publics et la fiscalité
Le volet social et économique n'est pas en reste. La commission sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » est désormais présidée par Elhadji Guèye, avec pour mission d'éclaircir les conditions de passation des marchés. Par ailleurs, Saliou Ndione dirigera les travaux sur les exonérations fiscales et les abandons de recettes, tandis qu'Oulimata Sidibé a été désignée pour piloter l'enquête sur les licences de pêche, un secteur vital pour l'économie nationale.
L'absence remarquée des députés non-inscrits
Malgré une architecture initiale prévoyant une inclusion des différentes sensibilités politiques, les cinq commissions d'enquête ne comptent aucun représentant des députés non-inscrits. Alors que la configuration théorique prévoyait une place pour ces derniers au sein de chaque bureau, cette absence effective interroge sur les dynamiques internes à l'hémicycle. Il reste à déterminer si ce retrait résulte d'un désintérêt politique ou d'un défaut de coordination entre les groupes parlementaires concernés.