L'Assemblée nationale de Madagascar a officiellement interpellé l'Exécutif lors de l'ouverture de sa troisième session extraordinaire, le 17 septembre. Le président de la Chambre basse, Siteny Randrianasoloniaiko, a exigé une accélération des projets structurels pour pallier les défaillances récurrentes de l'approvisionnement en eau et en électricité qui fragilisent le quotidien des citoyens.
Un déficit de production électrique critique
La situation sur le Réseau interconnecté d'Antananarivo (RIA) demeure préoccupante. La compagnie nationale, la Jirama, a fait état début septembre d'un déficit de production oscillant entre 25 et 30 MW. Cette pénurie est exacerbée par une baisse significative de la production hydroélectrique, couplée à la vétusté ou aux pannes d'installations thermiques. Face à cette urgence, le gouvernement a reconduit, le 12 septembre, l'état d'urgence énergétique sur l'ensemble du territoire, une mesure visant à assouplir les procédures administratives pour déployer plus rapidement des solutions face à l'étiage.
La pression sociale et le spectre de 2025
Ce regain de tensions intervient dans un contexte politique sensible, à l'approche du premier anniversaire des manifestations de septembre 2025 qui avaient conduit à la chute du régime d'Andry Rajoelina. Les difficultés d'accès aux services essentiels, déjà au cœur de la contestation l'an dernier, alimentent à nouveau la grogne populaire. Si les autorités tentent de distinguer les délestages programmés des incidents techniques, le décalage entre les discours officiels et la réalité vécue par les usagers — qui rapportent des coupures prolongées, parfois jusqu'à 48 heures dans certaines périphéries — nourrit une défiance croissante.
Vers des réponses structurelles
Reconnaissant que les interventions passées se limitaient à du « colmatage », le chef de l'État a annoncé la relance du projet hydroélectrique de Volobe, présenté comme une solution de long terme. Parallèlement, le président de l'Assemblée nationale réclame une transparence accrue et des calendriers d'exécution précis. Parmi les projets de court terme destinés à renforcer le RIA, le déploiement de centrales solaires totalisant 44 MW est attendu. La capacité de l'Exécutif à concrétiser ces engagements constitue désormais un enjeu majeur pour la stabilité sociale du pays, alors que les attentes de la population en matière de services publics restent élevées.