L'Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution pour corriger la représentation cartographique du continent africain

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
L'Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution pour corriger la représentation cartographique du continent africain

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, par 164 voix contre une, une résolution visant à promouvoir l'utilisation de la projection cartographique « Equal Earth » au détriment de la projection de Mercator. Cette initiative, portée par le Togo au nom du Groupe africain et soutenue par l'Union africaine, cherche à corriger une distorsion historique qui minimise systématiquement la taille réelle des régions équatoriales, et particulièrement de l'Afrique.

La fin d'une distorsion héritée de l'ère coloniale

La projection de Mercator, conçue en 1569 pour faciliter la navigation maritime et l'exploration coloniale européenne, est devenue la norme dans les manuels scolaires et les atlas mondiaux. Ce modèle présente un défaut majeur : il exagère la taille des terres situées loin de l'équateur, comme l'Europe, la Russie et l'Amérique du Nord, tout en réduisant drastiquement celle des continents tropicaux. À titre d'exemple, cette représentation donne l'illusion que le Groenland possède une superficie équivalente à celle de l'Afrique, alors que cette dernière est en réalité 14 fois plus vaste.

Une résolution pour rééquilibrer la perception mondiale

Le texte adopté par l'ONU n'est pas contraignant, mais il constitue un signal politique fort. Il encourage les institutions éducatives, les gouvernements et les entreprises technologiques à privilégier la projection « Equal Earth », qui préserve les proportions réelles des surfaces terrestres. Pour le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, cette démarche est essentielle car les cartes façonnent l'imaginaire collectif et la perception du monde. L'Union africaine, qui a adopté ce standard en mars dernier, prévoit d'organiser une rencontre à Lomé avec l'UNESCO et des géants de la technologie comme Google pour discuter des modalités concrètes de cette transition cartographique.

Des résistances diplomatiques au sein de l'ONU

Le vote a révélé des divergences diplomatiques, les États-Unis étant le seul pays à s'être opposé à la résolution, qualifiant cette mesure de « projet idéologique radical ». La représentante américaine a critiqué le choix de l'Assemblée générale, estimant que l'institution devrait se concentrer sur des enjeux contemporains plutôt que sur des débats liés à des projections cartographiques du XVIe siècle. Par ailleurs, six pays, dont l'Ukraine, la Serbie et la Géorgie, ont choisi de s'abstenir lors du scrutin.

Les limites techniques de la représentation plane

Sur le plan scientifique, le passage à « Equal Earth » illustre le compromis inhérent à toute cartographie : puisqu'il est impossible de projeter une sphère sur un plan sans altérer certaines propriétés, chaque carte impose un choix. Si Mercator privilégie les angles et les directions pour la navigation, « Equal Earth » fait le choix de la fidélité des surfaces, permettant une comparaison honnête entre les continents au prix d'une légère courbure des contours.

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