L'Assemblée générale des Nations Unies adopte une nouvelle projection cartographique pour corriger les distorsions géographiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 48 lectures
L'Assemblée générale des Nations Unies adopte une nouvelle projection cartographique pour corriger les distorsions géographiques

L'Assemblée générale des Nations Unies a officiellement approuvé une résolution visant à remplacer la traditionnelle projection de Mercator par la projection « Equal Earth ». Ce changement cartographique, soutenu par 164 États, ambitionne de corriger les distorsions historiques qui minimisaient la taille réelle des continents situés près de l'équateur au profit des régions septentrionales.

Une remise en question de la projection Mercator

Conçue en 1569 par le cartographe flamand Gerardus Mercator pour faciliter la navigation maritime, la projection utilisée jusqu'ici présente une limite majeure : elle déforme les surfaces terrestres pour préserver les angles. Cette méthode entraîne une inflation visuelle des régions du Nord, faisant paraître l'Europe et l'Amérique du Nord disproportionnellement grandes, tandis que l'Afrique et l'Amérique latine apparaissent artificiellement réduites. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que cette représentation donnait une importance visuelle indue à certaines puissances, citant l'exemple du Groenland apparaissant presque aussi vaste que le continent africain.

La quête d'une justice cognitive

Portée par plusieurs pays africains, dont le Togo, cette initiative est présentée comme un acte de vérité nécessaire. Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a rappelé que les cartes ne sont jamais neutres et qu'elles façonnent les perceptions collectives et l'éducation des générations futures. En adoptant la projection « Equal Earth », lancée en 2018 par des cartographes, l'ONU cherche à offrir une représentation plus fidèle des surfaces réelles des continents, tout en respectant au mieux leurs formes géométriques telles qu'elles apparaissent sur un globe tridimensionnel.

Des tensions diplomatiques persistantes

Si la résolution a recueilli un large consensus, elle a suscité une opposition marquée des États-Unis, qui ont voté contre, tandis que six autres pays se sont abstenus. La représentante américaine a vivement critiqué cette décision, estimant que l'institution perdait en crédibilité en se concentrant sur des débats cartographiques plutôt que sur des enjeux mondiaux contemporains. Malgré ces critiques, le ralliement de pays comme la France à cette nouvelle norme cartographique marque une volonté de réviser les outils de représentation du monde, dans un contexte où la refonte des relations diplomatiques, notamment avec le continent africain, devient un enjeu politique majeur.

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