Le cheikh Yahaya Masussuka, figure religieuse influente basée à Dutsin-Ma dans l'État de Katsina, a été abattu par des inconnus à moto lundi soir devant son domicile. Cet acte de violence, qui a également fait une autre victime dont l'identité reste à confirmer, intervient dans un contexte de tensions locales persistantes autour des enseignements du prédicateur.
Une exécution ciblée à Dutsin-Ma
L'attaque s'est produite aux alentours de 21 heures, alors que le cheikh regagnait son domicile. Selon les informations confirmées par la police de l'État de Katsina, les assaillants ont ouvert le feu avant de prendre la fuite. Si les autorités policières ont reconnu l'incident, les détails sur les auteurs et les motivations précises de cet acte demeurent, à ce stade, inconnus. La police a indiqué qu'une enquête est en cours pour faire la lumière sur les circonstances exactes de ce crime.
Un parcours marqué par la controverse et l'engagement
Originaire de l'État de Bauchi, le cheikh Masussuka était une personnalité singulière dans le paysage religieux de Katsina. Connu pour ses prêches centrés exclusivement sur le Coran et sa remise en question de certaines traditions des Hadiths, il s'était attiré l'hostilité d'autres érudits musulmans. Parallèlement à ses activités de prédication, il avait fondé en 2024 une école internationale visant à combiner éducation coranique et enseignement conventionnel. Il se distinguait également par ses appels publics à la coexistence pacifique entre les communautés musulmanes et chrétiennes, ce qui lui avait valu d'être distingué comme « Ambassadeur de la paix » en juin 2025.
Tensions institutionnelles et menaces antérieures
La vie du cheikh avait été récemment marquée par des frictions avec les autorités et d'autres groupes religieux. En novembre 2025, le gouvernement de l'État de Katsina avait convoqué le prédicateur suite à des plaintes contestant la conformité de ses enseignements avec les principes islamiques. Dans le même temps, le cheikh avait lui-même signalé aux autorités avoir reçu des menaces de la part de membres de la Jama’atu Izalatul Bidia. Le dossier avait été transmis au Conseil de l'Émirat de Katsina et une commission d'érudits avait été chargée d'examiner les griefs. Bien que ces antécédents soient documentés, les autorités précisent qu'aucun élément ne permet, pour l'heure, d'établir un lien direct entre ces différends théologiques et l'assassinat de lundi soir.