Le Nigeria a atteint 252 décès liés à la fièvre de Lassa, portant le taux de létalité à 24,4 % au cours de la semaine épidémiologique 33. Quatorze nouveaux cas confirmés, majoritairement dans cinq États, ont accentué les inquiétudes des autorités sanitaires qui intensifient leurs mesures de contrôle.
Bilan de l’épidémie à la semaine 33 : 252 décès sur 1 035 cas confirmés
Selon le Nigeria Centre for Disease Control (NCDC), le pays compte désormais 1 035 cas confirmés de fièvre de Lassa depuis le début de l’année, dont 252 ont entraîné le décès, ce qui représente un taux de létalité de 24,4 %. Cette proportion dépasse largement les 18,6 % enregistrés à la même période en 2025, malgré le renforcement des actions de surveillance et de prise en charge.
Concentration géographique des cas : cinq États à la charge
Les quatorze nouveaux cas, détectés entre le 10 et le 16 août 2026, proviennent des États d’Ondo, Bauchi, Edo et Benue. Au total, cinq États – Ondo, Bauchi, Taraba, Edo et Benue – concentrent 87 % des cas confirmés, Ondo représentant à lui seul un tiers du total. Les données du NCDC indiquent que 23 États et 117 zones administratives locales ont enregistré au moins un cas confirmé cette année, portant le nombre cumulé de cas suspects à 7 426, avec six cas probables supplémentaires.
Défis de la riposte sanitaire et mesures renforcées
Les autorités pointent du doigt plusieurs obstacles : retard de la prise en charge, coût élevé du traitement, mauvaises conditions d’assainissement et méconnaissance des risques dans les communautés les plus touchées. Parmi les patients, la tranche d’âge 21‑30 ans est la plus affectée, avec un âge médian de 30 ans et un ratio hommes‑femmes de 1 : 0,9. Au total, 54 agents de santé ont été infectés depuis le début de l’année, bien qu’aucune nouvelle infection n’ait été signalée lors de la semaine 33.
Pour contenir la propagation, le NCDC a déployé des équipes de réponse rapide dans sept États à forte incidence, pré‑positionné des équipements de protection individuelle et intensifié le suivi des contacts. Un plan de protection des travailleurs de santé sur 30 jours, élaboré avec l’OMS et les CDC américains, vise à réduire les infections parmi le personnel de première ligne. Le centre encourage également les États à maintenir un engagement communautaire permanent afin d’améliorer la sensibilisation et d’inciter à une prise en charge précoce des cas.