L'Asantehene Otumfuo Osei Tutu II a lancé un cri d'alarme face aux ravages causés par l'orpaillage illégal, dit « galamsey », sur la rivière Jimi. Lors d'une inspection sur le terrain, le souverain a souligné que la destruction des écosystèmes fluviaux menace directement la santé publique et l'approvisionnement en eau de plus de 200 000 habitants de la région d'Obuasi.
Une menace directe pour la santé publique
Le constat dressé par l'Asantehene est sans appel : l'activité minière incontrôlée, qui a conduit au détournement du cours de la rivière Jimi par des amas de sable, provoque une sédimentation dangereuse. Au-delà de l'impact écologique, le souverain a mis en garde contre les conséquences sanitaires irréversibles pour les populations locales, évoquant notamment les risques de malformations congénitales liés à la pollution des eaux. La préservation de la rivière est présentée comme un impératif de survie collective, bien au-delà des gains financiers immédiats tirés de l'extraction aurifère.
Le dilemme entre chômage et survie
Tout en reconnaissant que le manque d'opportunités économiques pousse une partie de la jeunesse vers l'orpaillage informel, l'Asantehene insiste sur la nécessité de changer de paradigme. Il appelle à une transition vers des pratiques minières responsables qui ne sacrifient ni les terres agricoles, comme les plantations de cacao, ni la pérennité des ressources naturelles. Le souverain a annoncé son intention de consulter les chefs traditionnels pour élaborer des solutions durables permettant de concilier création d'emplois et protection de l'environnement.
Le projet de réhabilitation de la rivière Jimi
Cette visite s'inscrit dans le cadre du projet de réhabilitation de la rivière Jimi et de ses terres adjacentes, une initiative pilote intégrée au programme « Green Ashanti ». Ce projet, soutenu par AngloGold Ashanti et dirigé par Oheneba Nana Kwaku Dua, vise à restaurer 153 hectares de terres dégradées. Il propose également des alternatives économiques viables, notamment à travers la culture du kénaf et la sylviculture, afin d'offrir aux populations locales des moyens de subsistance qui ne compromettent pas l'intégrité des écosystèmes vitaux.