L'Asantehene, Otumfuo Osei Tutu II, a officiellement lancé les travaux de réhabilitation du bassin de la rivière Jimi, une zone durement frappée par l'orpaillage illégal, dit « galamsey ». Ce projet pilote de 153 hectares, intégré à l'initiative « Green Ashanti », vise à restaurer les écosystèmes dégradés tout en sécurisant l'approvisionnement en eau potable pour plus de 200 000 habitants de la région d'Obuasi.
Un enjeu critique pour l'accès à l'eau potable
La dégradation environnementale causée par l'extraction minière artisanale illicite a entraîné une pollution sévère et une sédimentation massive de la rivière Jimi. Ces activités ont non seulement altéré la qualité de l'eau, mais ont également réduit le volume disponible dans le barrage local. Selon les données techniques, cette situation contraint les opérateurs à rationner la distribution d'eau, tout en alourdissant considérablement les coûts de traitement. En 2025, les dépenses liées à la potabilisation ont atteint 584 000 dollars, malgré une baisse des volumes traités.
Un modèle de restauration en six étapes
Le projet repose sur une approche technique rigoureuse pilotée par l'Ashanti Green Initiative avec le soutien du palais de Manhyia. Le protocole prévoit le remblayage des fosses, le remodelage des sols, la gestion de la contamination aux métaux lourds et l'installation de dispositifs de drainage. Pour la phase de revégétalisation, le choix s'est porté sur le kenaf, une fibre à croissance rapide. Cette culture est privilégiée pour éviter les risques sanitaires liés à la contamination résiduelle des sols, tout en offrant des perspectives de revenus alternatifs aux agriculteurs locaux.
Une synergie entre autorités traditionnelles et secteur privé
Cette initiative illustre une collaboration stratégique entre la chefferie traditionnelle, le gouvernement ghanéen et le secteur privé, notamment AngloGold Ashanti qui apporte un appui technique et opérationnel. Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a souligné l'urgence de la situation, rappelant que 8 000 hectares de réserves forestières ont été impactés par le « galamsey » à travers le pays, avec seulement 150 hectares réhabilités à ce jour. Ce projet est désormais présenté comme un modèle national, visant à démontrer que l'implication des leaders traditionnels est indispensable pour mener à bien la restauration des terres dégradées et la protection des ressources hydriques vitales.