Dans un geste symbolique fort, l'Asagba d'Asaba, HRM Obi Prof. Epiphany Azinge, a officiellement conféré le titre traditionnel de Olinzele à l'environnementaliste et homme d'affaires Newton Jibunoh. Cette cérémonie, qui s'inscrit dans le cadre du deuxième anniversaire du couronnement du monarque, marque une exception notable dans la gouvernance traditionnelle locale.
Une entorse exceptionnelle au calendrier protocolaire
Depuis son accession au trône le 5 octobre 2024, l'Asagba d'Asaba avait instauré un moratoire sur l'octroi de titres de chefferie, prévoyant de ne reprendre ces nominations qu'en 2027. Toutefois, le monarque a choisi de suspendre cette règle pour honorer Newton Jibunoh. Selon le Professeur Azinge, cette décision repose sur l'alignement profond entre les idéaux portés par M. Jibunoh et les valeurs culturelles de la communauté d'Asaba. Le monarque a souligné que cette nomination constitue un acte historique, le premier de son règne, renforçant ainsi son lien symbolique avec ses prédécesseurs.
Un processus rigoureux pour les non-indigènes
L'attribution d'un titre de chefferie à une personnalité n'étant pas originaire d'Asaba est une pratique rare, estimée à environ six cas dans l'histoire moderne de la cité. Pour valider cette distinction, l'Asagba a dû se conformer aux procédures coutumières de l'État du Delta, exigeant l'approbation formelle de l'autorité traditionnelle du lieu d'origine du récipiendaire. Cette étape a été franchie avec succès, garantissant la légitimité de l'investiture de M. Jibunoh, qui rejoint ainsi un cercle restreint de personnalités honorées, aux côtés de figures telles que l'ancien chef d'État Ibrahim Badamasi Babangida.
La portée d'une reconnaissance nationale
La cérémonie a rassemblé un parterre de personnalités influentes, dont le prix Nobel de littérature Wole Soyinka, témoignant de l'envergure nationale et internationale de l'engagement de Newton Jibunoh. En prêtant serment, le nouveau Olinzele s'est engagé à respecter les principes et les normes de la chefferie d'Asaba. L'Asagba a insisté sur la responsabilité qui incombe désormais au récipiendaire, soulignant que son parcours, salué mondialement, justifie pleinement cette intégration au sein de la structure traditionnelle de la cité.