La tisseuse ghanéenne Alice Banaaza a porté l'art ancestral du tissage du Fugu sur la scène internationale lors du festival « Chocolate Has a Name » (CHAN) 2026, qui s'est tenu à Halifax, au Royaume-Uni. À travers des démonstrations vivantes et des échanges culturels, cette initiative vise à transformer la perception des textiles africains, passant d'objets de musée figés à des pratiques artisanales dynamiques et contemporaines.
Une immersion dans le savoir-faire du Nord-Ghana
Lors de l'exposition intitulée The Untutored Mind: A Thing of Beauty, Alice Banaaza a fait découvrir au public britannique la complexité technique du Fugu. Ce textile, emblématique des régions du Nord, du Haut-Est et du Haut-Ouest du Ghana, est réalisé en assemblant des bandes de coton tissées sur des métiers traditionnels. Au-delà de la démonstration technique, la présence de l'artisane au Kokoo Museum a permis d'engager un dialogue direct entre le créateur et l'objet, illustrant la transmission de la mémoire et du geste à travers les générations.
Le Fugu, pilier de l'identité culturelle ghanéenne
Le Fugu connaît en 2026 un regain d'intérêt national au Ghana, porté par une volonté politique de valorisation patrimoniale. Ce mouvement a été catalysé par une séquence diplomatique lors de la visite du président John Dramani Mahama en Zambie, où le vêtement a suscité une fierté nationale et une défense collective sur les réseaux sociaux. En réponse, le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts créatifs a instauré le « National Fugu Day » chaque mercredi, tout en nommant l'icône culturelle Noella Wiyaala Nwadei ambassadrice du textile pour soutenir les artisans locaux.
Le festival CHAN comme vecteur de mémoire
Le festival CHAN, qui explore les liens historiques et économiques entre le Ghana et la Grande-Bretagne, utilise l'art et le design pour raconter l'histoire du cacao et du patrimoine ghanéen. En intégrant le tissage du Fugu à sa programmation, l'événement dépasse la simple exposition d'artisanat pour devenir un espace de réflexion sur la préservation des savoirs. Cette approche s'inscrit dans la continuité de projets comme Kokoo 360, qui réinterprètent les matériaux liés à l'industrie du cacao pour créer des pièces contemporaines, renforçant ainsi la place de la création ghanéenne dans les échanges culturels internationaux.