L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d'alarme face à l'imminence de la saison hivernale dans la bande de Gaza, où la dégradation des infrastructures hydriques fait craindre une crise sanitaire majeure. L'accumulation des eaux de pluie risque de propager des agents pathogènes dans des zones déjà privées de services de base, exacerbant une situation humanitaire critique.
Une contamination microbiologique en forte hausse
Les données recueillies par l'OMS sur les huit premiers mois de l'année 2026 révèlent une dégradation alarmante de la qualité de l'eau. Les tests effectués sur près de 6 700 échantillons indiquent que la contamination microbiologique a triplé, passant de moins de 6 % en janvier à plus de 18 % en août. Cette détérioration de la ressource en eau s'accompagne d'une recrudescence des pathologies : les cas de diarrhées aiguës ont presque doublé depuis mars, passant de 27 000 à plus de 48 000 signalements.
Le risque accru des inondations hivernales
La représentante de l'OMS dans les territoires palestiniens, Reinhilde Van de Weerdt, souligne que l'arrivée des pluies froides constitue un facteur aggravant direct. En l'absence d'infrastructures fonctionnelles, les inondations risquent de charrier les eaux usées et les déchets vers les lieux de vie, de couchage et de préparation des repas. Cette promiscuité forcée avec des eaux contaminées menace de transformer une crise sanitaire déjà installée en une urgence incontrôlable pour une population largement privée d'abris adéquats.
L'urgence d'un accès humanitaire sans entraves
Face à ce constat, l'agence onusienne appelle à une intervention rapide pour éviter un désastre sanitaire total. L'acheminement sans entraves de fournitures humanitaires est jugé vital pour restaurer les systèmes de gestion des déchets et garantir un accès minimal à l'eau potable. L'OMS insiste également sur le besoin urgent de matériel de laboratoire pour identifier précisément les causes des épidémies et mieux y répondre. Cette situation est aggravée par la destruction ou l'endommagement de près de 90 % des infrastructures d'eau et d'assainissement dans l'enclave, un état des lieux documenté par plusieurs organisations internationales.