La suspension temporaire de l'oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite, consécutive à des attaques coordonnées par drones et missiles, provoque une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux. Cette infrastructure, essentielle pour contourner le détroit d'Ormuz, est désormais à l'arrêt, entraînant une envolée immédiate des cours du brut au-delà des 100 dollars le baril.
Une infrastructure stratégique neutralisée
L'oléoduc Est-Ouest, long de 1 200 kilomètres, constitue la colonne vertébrale de la logistique pétrolière saoudienne. En reliant le complexe d'Abqaïq, situé à l'est du royaume, au port de Yanbou sur la mer Rouge, il permet d'acheminer jusqu'à sept millions de barils par jour. Cette voie de dérivation est devenue cruciale depuis le début du conflit régional, offrant une alternative sécurisée aux terminaux d'exportation sans emprunter le détroit d'Ormuz, dont la traversée est devenue périlleuse.
Réaction immédiate des cours mondiaux
La mise à l'arrêt préventive, décidée par le ministère saoudien de l'Énergie pour sécuriser les installations et évaluer les dégâts, a été sanctionnée par les marchés. Le baril de Brent, référence internationale, a franchi le seuil symbolique des 100 dollars pour atteindre 105 dollars en fin de semaine dernière. La tendance s'est accentuée en ce début de semaine, avec une progression dépassant les 3 %, propulsant le Brent au-delà des 108 dollars, tandis que le WTI américain s'établissait autour de 102 dollars.
L'impasse des capacités alternatives
La fermeture de cette conduite place les marchés dans une situation de vulnérabilité accrue, faute d'alternatives terrestres suffisantes. Si les Émirats arabes unis disposent de l'oléoduc Habshan-Fujairah, sa capacité est limitée à 1,5 million de barils par jour, soit bien moins que l'infrastructure saoudienne. D'autres pays producteurs de la région, tels que le Koweït ou Bahreïn, demeurent totalement dépendants des voies maritimes. Avec la neutralisation du réseau saoudien, les capacités de transport alternatives par pipeline sont désormais quasi saturées, accentuant la pression sur les prix mondiaux.