L'arrestation manquée d'un député ghanéen par le NIB ravive le débat sur l'immunité parlementaire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
L'arrestation manquée d'un député ghanéen par le NIB ravive le débat sur l'immunité parlementaire

La tentative d'interpellation du député de Manhyia South, Nana Agyei Baffour Awuah, par le Bureau national de renseignement (NIB) au sein même d'un tribunal, suscite une vive controverse au Ghana. Cette opération, jugée injustifiée par plusieurs observateurs, remet en lumière les tensions entre les agences de sécurité et les représentants élus, soulevant des questions cruciales sur le respect des privilèges constitutionnels.

Un cadre légal contourné

L'ancien leader de la majorité parlementaire, Osei Kyei-Mensah-Bonsu, a fermement dénoncé cette intervention, rappelant que la Constitution ghanéenne, notamment à travers ses articles 117, 118 et 123, sanctuarise des protections spécifiques pour les parlementaires. Selon lui, l'action du NIB ignore délibérément ces garde-fous. Le député visé, avocat de profession, se trouvait au tribunal pour assister un client lorsque les agents ont tenté de l'appréhender, une situation qu'il a vécue comme une entrave à ses fonctions d'élu et à son exercice professionnel.

Le dossier du cabinet juridique

La chronologie des faits contredit, selon M. Kyei-Mensah-Bonsu, la nécessité d'une arrestation musclée. Le cabinet d'avocats dont Baffour Awuah est associé principal avait déjà répondu à une convocation initiale du NIB. Après consultation du greffier du Parlement, une autre avocate senior du cabinet avait été mandatée pour représenter l'entité et avait déposé une déclaration officielle. Depuis avril, aucune demande complémentaire n'avait été formulée par les enquêteurs, rendant l'opération soudaine au tribunal incompréhensible aux yeux de l'ancien leader de la majorité.

Risques pour la stabilité démocratique

Qualifiant les explications fournies par les autorités de renseignement d'« après-coup » sans justification valable, Osei Kyei-Mensah-Bonsu met en garde contre une dérive dangereuse pour la démocratie ghanéenne. L'incident, qui a contraint le député à se réfugier au Parlement pour échapper à l'interpellation, est perçu comme une confrontation inutile entre les institutions de l'État. Pour les acteurs politiques, il est désormais impératif de réaffirmer la primauté des dispositions constitutionnelles afin d'éviter que de telles tensions ne se reproduisent, garantissant ainsi que les agences de sécurité opèrent dans le strict respect des limites imposées par la loi.

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