L'arrestation récente de trois individus liés au fugitif néerlandais Jos Leijdekkers, dit « Bolle Jos », marque un succès opérationnel pour la Narcotics Control Commission (NACOC) du Ghana. Cette opération fait suite à la saisie de 260 millions de dollars de cocaïne à Dunkerque, en France, mettant en lumière le rôle du pays dans les réseaux de transit international.
Une efficacité opérationnelle entravée par le manque de moyens
Si la détermination de la NACOC à empêcher le Ghana de devenir un refuge pour les barons de la drogue est saluée, les conditions de travail de l'agence soulèvent des inquiétudes majeures. L'institution fonctionne actuellement grâce à des initiatives individuelles plutôt que par un soutien structurel pérenne. Pendant huit ans, la commission n'a reçu que quatre véhicules, obligeant la direction actuelle à solliciter des réseaux personnels pour obtenir 27 véhicules supplémentaires afin de maintenir ses activités. Une agence de lutte contre des cartels internationaux surpuissants ne peut durablement reposer sur la « charité » ou les contacts privés pour assurer ses missions régaliennes.
La vulnérabilité des infrastructures portuaires
La saisie de la cargaison de cocaïne en France, dissimulée dans un conteneur de déchets plastiques, souligne une défaillance critique dans le contrôle des exportations ghanéennes. L'absence de détection au départ, dans les ports de Tema et de Takoradi, pose la question de l'équipement disponible sur place. L'accès restreint de la NACOC aux salles de scan et aux systèmes de gestion douanière (ICUMS) limite la capacité de l'agence à profiler les cargaisons à risque en temps réel. Sans une présence physique permanente dans les zones de chargement et un accès total aux données, les frontières restent vulnérables.
Les leviers pour une réforme sécuritaire
Face à ces enjeux, un appel est lancé au gouvernement pour transformer les capacités de la NACOC. Les priorités identifiées incluent l'équipement systématique des points d'entrée avec des technologies de détection de pointe, ainsi que l'intégration obligatoire de la commission dans les systèmes de gestion portuaire. L'octroi d'un budget dédié, couvrant à la fois la flotte de véhicules, les laboratoires médico-légaux et les outils de renseignement technologique, est présenté comme une condition sine qua non pour passer d'une stratégie de réaction après interception à une véritable politique de prévention et de démantèlement des réseaux criminels.