L’armée soudanaise marque un point stratégique dans la guerre civile en reprenant le contrôle d’une autoroute majeure reliant Khartoum à El-Obeid, privant les Forces de soutien rapide (FSR) d’un axe logistique clé et limitant leur progression vers le centre du pays.
Un tournant militaire dans une guerre aux conséquences dévastatrices
La reprise de cette route, vitale pour l’approvisionnement d’El-Obeid, marque une avancée significative pour l’armée régulière. Cette ville du Kordofan-Nord, carrefour géographique entre le nord, l’est et l’ouest du Soudan, était depuis des mois encerclée par les FSR, qui cherchaient à en faire une cible prioritaire. La sécurisation de l’axe Khartoum-El-Obeid ouvre désormais une seconde voie d’accès, réduisant la dépendance des civils à la seule route orientale, régulièrement ciblée par des frappes de drones attribuées aux paramilitaires.
Les FSR, qui avaient massé des troupes autour d’El-Obeid dans l’optique d’une offensive d’envergure, voient leur stratégie compromise. Leur contrôle sur les axes est-ouest, reliant leurs bastions du Darfour au reste du pays, est désormais fragilisé, tandis que l’armée consolide sa position dans le centre et l’est du territoire.
El-Obeid, symbole d’une crise humanitaire en expansion
El-Obeid, ville de 500 000 habitants avant le conflit, incarne l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe le Soudan. Le nombre de déplacés y a doublé, et les ressources s’amenuisent : seule une minorité de la population a accès à une alimentation régulière. Les craintes d’un scénario similaire à celui d’El-Fasher, où des exactions massives ont été documentées, pèsent sur la ville. L’ONU avait alerté sur le risque de violences comparables, alors que les FSR étendent leur influence dans l’ouest du pays.
Cette guerre, qui dure depuis plus d’un an, a déjà fait plus de 200 000 morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, selon des estimations. Elle constitue l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des répercussions régionales encore mal évaluées. La reprise de l’autoroute, bien que militairement stratégique, ne suffit pas à atténuer l’urgence humanitaire qui s’aggrave chaque jour.