Le ministère des Armées français a engagé des procédures disciplinaires contre des soldats ayant posé avec un drapeau de l’ancienne Rhodésie, symbole associé aux mouvances suprémacistes blanches. Une affaire qui interroge l’exemplarité des militaires et leur neutralité, alors que deux groupes distincts sont concernés.
Des procédures disciplinaires engagées pour atteinte à la neutralité
Deux groupes de militaires français ont été identifiés après la diffusion de photos les montrant en compagnie d’un drapeau de l’ancienne Rhodésie, territoire sécessionniste dirigé par une minorité blanche jusqu’en 1980. Le ministère des Armées a confirmé, lundi 24 août, avoir lancé des procédures disciplinaires pouvant aboutir à des sanctions sévères. Les soldats concernés, issus du 2e Régiment étranger d’infanterie de Nîmes et d’un groupe en entraînement aux Émirats arabes unis, ont été identifiés sans que leur identité ou leur unité ne soit divulguée.
La Rhodésie, un symbole controversé du suprémacisme blanc
L’ancienne Rhodésie, aujourd’hui Zimbabwe, est devenue un emblème pour certains groupes extrémistes, notamment dans les pays anglo-saxons. Ce régime, qui avait proclamé son indépendance unilatéralement pour éviter une transition vers le suffrage universel, est associé à une nostalgie de la domination coloniale blanche. Des références à la Rhodésie ont été reprises par des militants suprémacistes, comme en témoigne le manifeste du tueur raciste américain Dylann Roof, auteur d’un massacre en 2015.
Une exigence d’exemplarité renforcée pour les militaires
Le ministère des Armées rappelle que « les armées françaises ne tolèrent aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste ». Les militaires sont soumis à une obligation d’exemplarité et de neutralité, qui s’étend à leurs comportements comme à leurs publications en ligne. Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la représentation des symboles historiques et leur instrumentalisation par des mouvements extrémistes. Les enquêtes en cours confirment l’absence de lien entre les deux groupes de soldats, écartant toute hypothèse de coordination.