Une semaine après la reprise des combats dans le nord du pays, l’armée fédérale éthiopienne a multiplié ses offensives, touchant à la fois les infrastructures de communication et des zones stratégiques du Tigré. Le récent bombardement d’un drone sur la télévision publique de Mekelle et les affrontements à Alamata illustrent une escalade qui pourrait redéfinir le cours du conflit.
Multiplication des fronts de la contre‑offensive fédérale
Depuis le 20 septembre, les forces armées du gouvernement ont lancé une série d’opérations coordonnées dans le nord du pays, cherchant à reprendre le contrôle des territoires tenus par le Front de libération du peuple du Tigré (TDF). Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de pression simultanée sur plusieurs axes, afin d’empêcher les rebelles de consolider leurs positions et de limiter leurs capacités de manœuvre.
Drone ciblant la télévision publique de Mekelle
Le dimanche 27 septembre, un drone a percuté les installations de la télévision publique de la région du Tigré, situées à Mekelle, capitale régionale. Aucun communiqué officiel n’a encore confirmé le responsable de l’attaque, mais les autorités fédérales ont indiqué que l’objectif était de neutraliser les moyens de diffusion du TDF, jugés essentiels pour la coordination et la propagande. Aucun bilan humain n’a été publié, mais les dommages matériels aux équipements de diffusion sont avérés.
Combat à Alamata : un point tournant potentiel
Parallèlement, des échanges violents ont éclaté dans la zone d’Alamata, à environ 400 kilomètres au nord d’Addis‑Abeba. Cette localité, située au sud du Tigré, revêt une importance stratégique : contrôler Alamata permettrait aux forces fédérales d’ouvrir une voie d’accès vers le cœur du Tigré et de sécuriser les lignes d’approvisionnement depuis la capitale. Les analystes estiment que la prise de la ville pourrait modifier la dynamique du conflit, en affaiblissant la capacité du TDF à résister aux offensives simultanées.
Enjeux pour la stabilité régionale
La montée en intensité des opérations militaires soulève des questions sur la durée du conflit et ses répercussions sur les populations civiles, déjà fortement touchées par les précédentes phases de guerre. La destruction d’infrastructures de communication, comme la chaîne de Mekelle, risque d’accentuer l’isolement des communautés et de compliquer l’accès à l’information. De plus, la concentration des combats autour d’Alamata pourrait entraîner des déplacements massifs, aggravant la crise humanitaire déjà critique dans le Tigré.