L'archevêque d'Awka, Alexander Ibezim, a intenté une action en justice contre le primat de l'Église du Nigeria, Henry C. Ndukuba, afin de contester la légalité de sa suspension et d'exiger le respect des procédures disciplinaires prévues par la Constitution de 2020 et les canons de l'Église.
Une saisine du tribunal d’Anambra
Le 17 juin 2026, Ibezim a déposé un « originating summons » à la Haute Cour d'Anambra, division judiciaire d'Awka. Dans ce document, il désigne le primat Ndukuba comme premier défendeur et le doyen de l'Église, Blessing Enyindah, qui a présidé l’équipe de visite du diocèse, comme second défendeur. La plainte vise à obtenir une interprétation contraignante des articles 55, 75‑76 de la Constitution ecclésiastique de 2020 ainsi que des sections 22‑28 du Canon XVI, qui, selon le requérant, encadrent strictement toute sanction disciplinaire à l’encontre d’un évêque en fonction.
Les points juridiques contestés
Ibezim soutient que l’équipe de visite, mise en place par le primat, a été « illégalement constituée » et que, sans le respect des procédures prévues, toute suspension ou destitution serait nulle. Il réclame notamment que la cour reconnaisse que l’une des dix infractions énumérées à l’article 1 du Canon XVI doit être clairement établie avant d’engager une procédure disciplinaire. Le requérant invoque également plusieurs autres canons (V, VI, VII, IX, XII, XIV, XV, XVI et XVII) afin de clarifier les attributions et les limites de pouvoir des différents offices ecclésiastiques au sein de l’Église du Nigeria.
Implications pour la gouvernance de l’Église du Nigeria
Cette affaire soulève d’importantes questions sur la séparation entre les instances religieuses internes et le recours aux juridictions civiles. Si la Haute Cour confirme les exigences procédurales avancées par Ibezim, elle pourrait contraindre le primat à réviser les mécanismes de contrôle et de sanction au sein de l’Église, renforçant ainsi la transparence et la prévisibilité des décisions disciplinaires. À l’inverse, un rejet de la demande pourrait consolider le pouvoir discrétionnaire du primat et du doyen dans la gestion des conflits internes.
Réactions et échéances judiciaires
Les défendeurs, domiciliés à Abuja (St Matthias House, Plot 942, Ibrahim Waziri Crescent, Gudu District, Apo), disposent de 42 jours à compter de la signification du summons pour répondre. Par ailleurs, une lettre du 13 octobre 2026 du primat Ndukuba avait déjà imposé à Ibezim un congé obligatoire de six mois, en attendant les conclusions d’une enquête sur des allégations concernant l’archevêque et son diocèse. Le suivi de cette procédure judiciaire sera scruté de près par les observateurs de la société civile, qui y voient un test de la capacité des institutions religieuses à se soumettre à des normes juridiques reconnues.