L’archevêque Nicholas Duncan-Williams, figure religieuse influente au Ghana, a clarifié sa position sur l’orpaillage illégal (galamsey) en insistant sur la nécessité d’une approche à la fois spirituelle et sécuritaire pour endiguer ce fléau. Dans une intervention médiatique, il a souligné que son appel à la prière ne remettait pas en cause l’application des lois, mais visait à compléter les efforts des autorités dans un contexte marqué par des réseaux criminels armés et des pratiques occultes.
Les faits essentiels
L’archevêque Duncan-Williams a réaffirmé que son appel à la prière contre le galamsey ne constituait pas une opposition à l’application des lois, mais une démarche complémentaire. Il a expliqué que certaines activités illégales d’exploitation aurifère impliquaient des individus armés et des pratiques qu’il qualifie de liées à des « pouvoirs de l’autre côté ».
Il a également évoqué des sollicitations émanant de ressortissants étrangers cherchant à contourner les nouvelles réglementations ghanéennes, notamment la création du Ghana Gold Board (GoldBod), qui encadre désormais le commerce de l’or. Ces demandes, selon lui, révèlent des intérêts étrangers visant à influencer l’exploitation des ressources aurifères du pays.
Enfin, il a pointé du doigt une culture générale de non-respect des lois au Ghana, citant en exemple la discipline observée au Rwanda en matière de sécurité routière, contrastant avec les lacunes locales en matière de conformité.
Pourquoi c'est important
L’intervention de l’archevêque Duncan-Williams met en lumière deux dimensions critiques du galamsey : sa dimension sécuritaire, avec des réseaux armés opérant dans l’impunité, et sa dimension spirituelle, selon lui liée à des pratiques occultes. En insistant sur la nécessité de prier pour les forces de l’ordre et les responsables du GoldBod, il souligne les risques encourus par ceux qui luttent contre ce phénomène.
Par ailleurs, ses propos révèlent une préoccupation plus large : l’incapacité récurrente du Ghana à faire respecter ses propres lois, un problème qui dépasse le cadre de l’exploitation minière pour toucher à des enjeux de discipline nationale et de responsabilité collective. La création du GoldBod, bien que visant à réguler le secteur, semble aussi susciter des résistances, notamment de la part d’acteurs étrangers cherchant à maintenir leurs canaux d’approvisionnement traditionnels.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à observer dans les prochains mois. D’abord, l’évolution des opérations de sécurité contre les réseaux de galamsey, notamment leur capacité à neutraliser les groupes armés sans mettre en danger les agents. Ensuite, la réaction des autorités ghanéennes face aux sollicitations étrangères visant à contourner le GoldBod, qui pourrait indiquer une pression internationale sur les nouvelles réglementations.
Enfin, la portée des appels à la prière lancés par l’archevêque pourrait être évaluée en fonction de leur impact sur la mobilisation citoyenne et le soutien aux forces de l’ordre. Une question sous-jacente demeure : dans quelle mesure une approche spirituelle peut-elle renforcer, ou au contraire affaiblir, les efforts institutionnels contre le galamsey ? Les prochaines déclarations des responsables politiques et religieux sur ce sujet seront déterminantes.