L’ARC presse le Premier ministre d’activer l’article 86 pour débloquer la loi de finances rectificative au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
L’ARC presse le Premier ministre d’activer l’article 86 pour débloquer la loi de finances rectificative au Sénégal

L’Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a lancé un ultimatum au gouvernement sénégalais : si la loi de finances rectificative (LFR) n’est pas adoptée rapidement, le Premier ministre devra engager la responsabilité de son cabinet devant l’Assemblée nationale, conformément à l’article 86 de la Constitution. Le parti rappelle que les difficultés économiques ressenties par les ménages – inflation, chômage, inondations et accès aux soins – ne peuvent plus être sacrifiées au jeu partisan.

ARC met en demeure le Premier ministre d’activer l’article 86

L’ARC a formellement demandé au chef du gouvernement de déclencher la procédure prévue à l’article 86, qui permet de soumettre la responsabilité du cabinet à l’Assemblée nationale. Cette démarche, rare dans le paysage politique sénégalais, vise à forcer le vote du texte budgétaire en mobilisant la majorité parlementaire autour d’un objectif commun, plutôt que de laisser le débat se transformer en blocage institutionnel.

Les tensions autour de la loi de finances rectificative

Le texte de la LFR, censé ajuster les dépenses publiques face à la hausse du coût de la vie, suscite des divergences entre le gouvernement et plusieurs formations parlementaires. Le Rassemblement des Patriotes pour la Nation (RPN), représenté par son président Abdourakhmane Ndiaye, a appelé à la création d’une task‑force pour débloquer les négociations, soulignant que le dialogue reste la meilleure issue à l’impasse actuelle. Malgré ces appels, le climat reste tendu, chaque partie redoutant que le rejet du budget ne devienne un levier politique.

Conséquences économiques et sociales d’un rejet prolongé

Selon l’ARC, un refus systématique de la LFR pourrait compromettre les programmes publics déjà en cours, ralentir les investissements privés et fragiliser la confiance des bailleurs de fonds. Le parti met en garde contre un effet domino : la perte de crédibilité financière du Sénégal pourrait entraîner une hausse du coût du financement extérieur, affectant à son tour les projets d’infrastructure et les services essentiels, notamment la santé et l’éducation.

Perspectives politiques : appel au dialogue et menace de dissolution

En plus de son exigence constitutionnelle, l’ARC a réaffirmé son soutien à une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale dès le 2 décembre 2026, si aucune solution budgétaire n’est trouvée. Cette proposition, perçue comme un ultimatum, vise à pousser les parlementaires à dépasser leurs rivalités partisanes au profit d’une gouvernance stable. Le débat reste ouvert, mais la pression exercée par l’ARC et le RPN indique que la question du budget pourrait rapidement devenir le catalyseur d’un remaniement politique majeur au Sénégal.

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