L'arbitraire politique doit céder face à l'État de droit au Sénégal

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
L'arbitraire politique doit céder face à l'État de droit au Sénégal

Une phrase présidentielle, « Sa fitna dotou fi naané niéekh », pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’arbitraire politique au Sénégal. Le chef de l’État y voit moins une attaque personnelle qu’un rejet des pratiques antidémocratiques, héritées de décennies de tensions institutionnelles.

Un appel à l’universalité de la loi contre l’arbitraire

La formule « Sa fitna » – dont l’auteur lui-même laisse planer le doute sur sa cible initiale – dépasse désormais le cadre d’un affrontement partisan. Elle symbolise une exigence républicaine : l’élimination des abus de pouvoir, qu’ils émanent de l’exécutif, des forces de l’ordre ou des institutions. L’enjeu n’est pas de remplacer un arbitraire par un autre, mais de garantir que la loi s’applique à tous, sans distinction. Les exemples récents de restrictions arbitraires – voyages interdits sans motif légal, journalistes intimidés, manifestations réprimées sans justification claire – illustrent une pratique récurrente, indépendante des alternances politiques. Ces dérives, qu’elles soient le fait d’un régime ou d’un autre, sapent la confiance dans les institutions et nourrissent un climat de défiance durable.

L’État de droit comme horizon commun

Le véritable défi pour le Sénégal réside dans la transformation de cette déclaration en actes concrets. Une démocratie ne se mesure pas à la victoire de ses partisans, mais à sa capacité à renoncer aux méthodes qu’elle a dénoncées lorsqu’elle était dans l’opposition. Les institutions doivent servir la République, non un parti ou un dirigeant. Cela implique de protéger les libertés fondamentales : circulation des citoyens, indépendance de la presse, sécurité des domiciles privés, et droit de manifester pacifiquement. L’alternance politique, si elle ne s’accompagne pas d’une alternance dans les pratiques, ne fait que déplacer les injustices sans les éradiquer. Le Sénégal a payé le prix fort des tensions politiques ; il ne peut se permettre de reproduire les mêmes erreurs. La promesse républicaine portée par « Sa fitna » ne sera tenue que lorsque la force du droit aura définitivement remplacé le droit de la force.

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